Tours

L’Avenue de Grammont se cherche un avenir

Les commerçants s’unissent pour y relancer des animations, et la mairie prévoit des travaux.

Parcourir l’Avenue de Grammont de Tours de bout en bout, c’est long : 2,6km. Ajoutez à cela ses 35m de largeur, voilà pourquoi on l’appelait un temps « Les Champs Elysées Tourangeaux ». Signe de prestige, c’est sur cet axe qu’est jugée l’arrivée du Paris-Tours (d’ailleurs, c’est ce dimanche 9 octobre), mais en dehors de cela il faut bien reconnaître qu’elle a un peu perdu de sa hauteur. Ca pourrait évoluer, et on va vous expliquer pourquoi.

Depuis que la mairie a changé de locataire en 2014, le dossier de l’Avenue de Grammont fait partie des serpents de mer. L’élue en charge du commerce Céline Ballesteros a hissé au rang de priorité sa redynamisation. Mais pendant deux ans, ça a bien patiné, notamment parce que l’association des commerçants s’était endormie. Elle vient de sortir de son hibernation sous l’impulsion de Frédéric Chartier. L’homme est sur une bonne lancée : il a ouvert récemment une supérette Vival sur le bas de l’Avenue, il en a 5 autres dans l’agglo, et il a encore un projet d’ouverture sur le futur site du haut de la Rue Nationale, tout près des futurs hôtels Hilton. En plus de cet agenda bien chargé, il a pris la présidence de l’association des commerçants, et son nouveau nom donne le ton : La Grande Avenue Tourangelle.

Des travaux possibles sur les contre-allées

Sa tâche n’est pas simple : fédérer des commerçants aux secteurs d’activités très variés et sur un large territoire. Grammont, c’est 208 commerces (dont 10% de vides), soit 7% de l’offre de toute la ville de Tours. Atout charme : il s’agit essentiellement d’indépendants. Mais c’est aussi une faiblesse, car sans enseigne « moteur » c’est parfois plus difficile d’attirer les clients et de créer du passage, d’autant que les Tourangeaux ont un peu de mal à reprendre les habitudes qu’ils avaient avant les travaux du tram.

Ce sont donc des professionnels passionnés mais souvent inquiets pour l’avenir qui tiennent boutique sur l’Avenue. Leur profil a beaucoup évolué en 20 ans. Selon une étude de l’Observatoire Economique de Touraine, le nombre de commerces dédiés à l’équipement de la personne a baissé de 62% depuis 1996, on trouve moitié moins de boutiques consacrées aux loisirs, presque plus de prêt à porter (4 fois moins)… Mais plus d’enseignes liées à l’hôtellerie ou la restauration ainsi qu’aux services.

« On a besoin de relancer le commerce. Il faut aller de l’avant, créer une identité pour faire parler de cette Avenue et attirer de nouveaux commerces. Il n’y a pas de péril, mais il faut réagir » entendait-on ce lundi soir lors d’une réunion destinée aux commerçants de Grammont, de la Place Jean Jaurès au Carrefour de Verdun. Céline Ballesteros veut même « rééquilibrer le commerce avec ce qui est prévu en Haut de la Rue Nationale » (où l’objectif est d’attirer des enseignes de moyenne gamme voire haut de gamme).

Des sapins partout pour Noël

Du coup La Grande Avenue Tourangelle prépare déjà ses premières animations. Ca sera simple mais symbolique dans un premier temps : « on va essayer de mettre un sapin devant chaque commerce pour les fêtes » a souligne Frédéric Chartier qui envisage aussi de travailler avec les écoles et aimerait bien une animation pour Pâques ou un événement fédérateur pour le courant de 2017. « On se réunit tous les lundis » ajoute encore le président qui a constitué un bureau avec des commerçants répartis sur plusieurs secteurs économiques et géographiques (restaurateur, opticienne, finance…) afin que tout le monde soit représenté.

De son côté, la mairie de Tours vient de recevoir l’étude d’un cabinet extérieur qui a fait des propositions pour l’aménagement des lieux, afin de revoir la circulation (des voitures, des vélos et des piétons), le stationnement, l’éclairage, la végétalisation… Là aussi des réunions ont lieu en ce moment dans les bureaux de l’Hôtel de Ville pour faire des choix et déterminer combien ça va coûter. Le travail pourrait se concentrer sur les contre-allées à moyen terme (sans doute 2-3 ans).

Avant leur réalisation, les actions seront soumises aux commerçants également invités à proposer leurs solutions, « mais on ne pourra pas tout faire » prévient d’emblée Céline Ballesteros (cause : les finances de la ville, évidemment). Mais parfois les désidératas sont simples comme l’installation d’horodateurs à proximité de la station Verdun du tram ou une sensibilisation des ambulanciers pour qu’ils ne se garent pas n’importe comment devant les entrées des commerces. La ville a plutôt accueilli d’un bon œil ces remarques. En résumé : « on va tout faire pour vous faciliter la vie » indiquaient les élus ce lundi soir, « mais soyez patients » ont-ils ajouté.

O.C.

Burger King en haut de l’Avenue

Alors que Starbucks prépare son recrutement pour son futur établissement de la Place Jean Jaurès, une autre enseigne internationale et populaire s’apprête à s’installer Avenue de Grammont, tout près du pôle de restauration qui entoure la station de tram. Il s’agit de Burger King « qui se situera à la place de Jeans Store » d’après Céline Ballesteros (le magasin prépare actuellement sa fermeture). Aucune date d’ouverture n’est encore annoncée mais ce sera sans doute après celle du 1er fast food tourangeau de l’enseigne qui a déjà débuté son recrutement à Chambray-lès-Tours. De quoi attirer du monde dans ce secteur là de Grammont, mais pour le reste, les commerçants ne peuvent compter que sur leur sourire, la qualité de leurs produits et de leurs services pour se faire remarquer « car les locaux souvent petits empêchent l’installation de grandes enseignes » note Céline Ballesteros. Cela dit, ce n’est pas forcément une mauvaise nouvelle vu qu’elles sont déjà partout ailleurs en centre-ville…