Tours

Une photographe urbaine et lumineuse

Caroline Gasch vient d’ouvrir sa galerie Place de la Résistance à Tours.

Oubliez le cadre de New-York acheté chez un fabricant de meubles suédois qui trône dans votre salon, on a trouvé plus beau, plus coloré, plus artistique et plus personnel. Sur la douce Place de la Résistance de Tours, on peut aujourd’hui passer la porte de la galerie de Caroline Gasch. Elle est photographe, elle voyage dès que le cœur lui en dit, et elle a un sacré regard pour capturer la belle image.

Son histoire avec la photo commence à ses 14 ans, dans les environs d’Aix-en-Provence « ma grand-mère m’a offert mon premier appareil photo. Dès que je l’ai eu entre les mains j’ai su qu’entre nous ce serait une longue histoire, c’est devenu le prolongement de ma main. » C’était au milieu des années 80, c’était un appareil argentique, et elle l’a toujours, rangé au fond de son commerce. « Je l’utilisais matin, midi et soir. J’ai appris à m’en servir seule. Je l’ai ouvert, trifouillé… Je sortais dans le jardin, je photographiais les arbres, les fleurs, ma petite sœur, mes parents… Tout ce qui passait sous mes yeux. Et, surtout, j’aimais le bruit du clic. »

Très vite, l’adolescente veut apprendre à développer ses clichés et s’inscrit à des cours de photo. D’ailleurs, après le bac, elle tente de convaincre ses parents de la laisser faire l’école de photo d’Arles. Ils refusent : « ils m’ont dit que se lancer dans un métier artistique ça ne se faisait pas. » Alors Caroline Gasch ruse et entame une formation en langues étrangères, « pour voyager et faire de la photo. » Elle devient prof d’espagnol, puis assistante de direction. Monte à Paris, descend à Blois. Voyage (Espagne, Ecosse, Etats-Unis, Irlande…). « Pendant tout ce temps, je n’ai jamais arrêté la photo. » L’artiste se découvre alors un style, « une attirance pour la ville, sa géométrie, ses couleurs. La démesure m’attirait. » En 2009, à 40 ans, elle choisit de sauter le pas, de reprendre ses études et de passer un CAP photo. Depuis, elle travaille sous le statut de photographe auteur pour des particuliers ou des professionnels. Elle a par exemple décoré des cabinets d’avocat ou réalise en ce moment une série de photo sur le chantier d’élargissement de l’A10 entre Chambray-lès-Tours et Veigné.

Désormais posée Place de la Résistance, Caroline Gasch n’oublie pas pour autant son amour pour le voyage et passe donc beaucoup de temps outre-Atlantique, de préférence à New-York où elle a même un temps pensé s’installer. Elle y est encore partie au printemps, et a déjà son billet pour les USA en novembre (plutôt pour Boston, cette fois). Sur les murs de sa galerie, on trouve le résultat de son dernier séjour. Des photos brutes, souvent ensoleillées, toujours lumineuses. Mais aussi des créations, des évolutions, comme un superbe flou artistique autour de Central Park. Des clichés qu’elle prend toujours de manière instinctive, sur le vif.

L’ouverture de son commerce tourangeau est un nouveau défi pour Caroline Gasch, mais pas le seul. Alors que les photos qu’elle présente pour l’instant mettent les bâtiments en valeur, elle réfléchit à la manière d’intégrer l’humain dans les images qu’elle produit, « je veux me remettre en question, sortir de ma zone de confort. » Son déclic ? Un voyage en Sicile : « j’y ai aimé la façon de vivre des gens. » Elle se lance également dans le portrait, et les réalisera directement dans sa galerie, transformée en studio. Sur les murs, les photos exposées devraient elles changer tous les 3 à 4 mois. Enfin, Caroline Gasch qui vit désormais à Tours depuis deux ans commence à imaginer de quelle façon elle pourrait photographier notre ville : « au départ ça ne m’intéressait pas, j’attendais de mieux la connaître pour l’appréhender. Maintenant, j’ai envie de la photographier, mais ce sera forcément avec un angle original. »

Olivier COLLET

www.carolinegasch.com