Tours

François Hollande à Tours : "il ne peut pas y avoir de camps en France"

Le chef de l'Etat est venu à la rencontre de migrants accueillis sur le campus de Grandmont.

Un déplacement court, et très contrôlé. Accompagné des ministres de l'intérieur (B. Cazeneuve), du logemment (E. Cosse) et de la santé (M. Touraine), François Hollande est reste une heure au campus de Grandmont à Tours ce samedi avant de se rendre au congrès des sapeurs-pompiers où il a passé plus de 2h. Cette visite, c'était un prélude à son déplacement très attendu de lundi à Calais, là où s'entassent 7 à 9 000 migrants, dans "la jungle", avec l'espoir de rejoindre l'Angleterre. Une opération de communication millimétrée, sans possibilité de poser la moindre question au locataire de l'Elysée.

En fait, à Tours, le chef de l'Etat est venu voir le CAO géré par l'Adoma. Il s'agit d'un Centre d'Accueil et d'Orientation de 50 places aménagé dans un bâtiment de la cité universitaire, et ce depuis quelques mois. Un équipement financé par l'Etat pour aider les réfugiés dans leurs démarches administratives et leurs premiers pas dans l'hexagone (il y a par exemple des cours de français assurés par des bénévoles, des activités, des liens avec les étudiants tout proches, des sorties proposées sur l'extérieur pour leur faire découvrir la ville...). Bref, le président est venu juger de la pertinence de la solution qu'il propose pour remplacer Calais et sa jungle insalubre.

Après avoir traversé les lieux de vie (chambre d'étudiant, cuisine...), François Hollande a rencontré des demandeurs d'asile pendant près d'une demi-heure. Ici, la cinquantaine d'hommes accueillis sont libres de leurs actions, encadrés par salariés et bénévoles pour les papiers ou le quotidien, invités à échanger avec le monde qui les entoure. Ils font leur propre pain pour faire des économies, certains ont décoré leur chambre. Les arrivées et les départs sont constants, une petite société s'est organisée entre tous, souvent des Soudanais ou des Afghans, en provenance directe du Nord. Attentif, préoccupé mais ferme, voici ce que le président retient de son échange : "en arrivant en France, beaucoup se sont orientés vers Calais et ont été accueillis dans des conditions difficiles. Il faut mettre ces personnes dans des conditions de confort minimales supérieures à celles d'un campement. C'est une question d'humanité et de dignité. Celles qui pourront faire valoir leur droit d'asile seront dans une démarche d'intégration, les autres seront raccompagnées. C'est la règle, et ils la connaissent."

Le chef de l'Etat a donc confirmé l'ouverture "dans les prochaine ssemaines" de 9 000 nouvelles places dans des CAO semblables à celui de Tours (il en existe déjà 170 dans le pays, un deuxième est déjà prévu pour l'agglomération tourangelle) : "ils pourront accueillir 40 à 50 personnes sur l'ensemble du territoire, dans un temps limité de 3 à 4 mois, en concertation avec les élus."

Tout cela, pour faire en sorte que la jungle ne soit plus qu'un lointain souvenir : "notre volonté c'est de démanteler Calais entièrement. Les conditions actuelles ne sont pas acceptables pour sa population. Démanteler Calais, oui, pour des raisons humaines et de responsabilité. Il ne peut pas y avoir de camps en France. Ca a été trop longtemps une solution de facilité mais on ne démantèle pas un camp sans qu'il y ait de solutions sinon des cohortes de réfugiés s'installeraient n'importe où et n'importe comment."

François Hollande espère donc solutionner le problème calaisien par ce biais tout en maintenant un contrôle strict aux frontières : "nous avons 80 000 demandeurs d'asile sur le territoire, dois-je oser faire la comparaison avec d'autres pays ?" (il pense évidemment à l'Allemagne et son million de réfugiés). Et il donne un autre chiffre : 40 000 personnes ont déjà été expulsées. Un chiffre qui risque, selon toute vraissemblance, de progresser.

L.G.