Tours

Frémissement positif pour la culture à Tours

La mairie travaille sur plusieurs projets à plus ou moins long terme.

Ce mardi, l’adjointe au maire de Tours chargée de la culture a réuni le monde culturel pour un point d’étape sur la politique municipale. De mémoire, Christine Beuzelin a été applaudie plus longtemps que d’habitude, ce qui n’est pas anodin quand on connait la méfiance d’une partie des acteurs tourangeaux vis-à-vis de la municipalité. Si elle n’a rien annoncé de révolutionnaire, l’élue a néanmoins donné quelques signes positifs et fait preuve d’un peu plus d’ambitions, notamment en détaillant les plans pour le futur Centre Chorégraphique National.

Autre projet phare et qui devrait voir le jour dans les prochaines années : une « grande » Biennale de la Sculpture. C’était déjà dans les cartons mais ça se précise, « car la sculpture fait aussi partie de l’ADN de Tours. » Mené de concert avec l’agglo Tour(s)Plus, cet événement « qui n’existe pas ailleurs » se déroulerait sur plusieurs semaines avec « des sculptures installées dans des lieux publics et privés. Dedans et dehors. L’objectif c’est de s’inspirer de ce que fait St Etienne autour du design. » Un premier thème est d’ailleurs envisagé : l’Eau (logique, avec la Loire et le Cher). Intéressant sur le papier, à voir comment faire en sorte de rendre cela fédérateur afin de captiver les Tourangeaux.

Après Tours Cité de la Gastronomie, Christine Beuzelin insiste aussi sur le fait que Tours est « Cité de la Musique », rappelant la richesse du milieu musical, les nombreux concerts dans les bars… L’occasion pour l’élue de faire la promotion de la première édition du festival Concerts d’Automne qui débute dans quelques jours autour des musiques anciennes : « on crée un festival à l’époque où certaines villes en suppriment » se risque-t-elle à ajouter en oubliant un peu vite la disparition du festival Rayon Frais en 2014 (transformé en label pour accompagner les artistes), un événement qui était populaire et intergénérationnel (même si l’adjointe promet que Concerts d’Automne apportera « visibilité et rayonnement » à la ville, pas sûr qu’il soit aussi grand public…).

La culture à Tours, c’est aussi une histoire de lieux. Christine Beuzelin veut que « les sites culturels soient des lieux de vie » et se félicite de la réouverture de la salle Jean Vilar qui accueille des événements jeune public au Grand Théâtre de Tours. Sa dernière réalisation : la transformation du site des Granges Collières des Deux-Lions en lieu de résidence pour 6 compagnies (la première s’installe dans quelques jours). La Cie IGI, la Cie Möbius Band, Pip Poh, Groupeenfonction, le Théâtre des 3 Clous et le Tours Soundpainting Orchestra vont donc avoir leurs bureaux en lisière du futur jardin public du quartier. Le lieu, rénové, pourra accueillir du public au printemps 2017 et il sera intimement lié à l’Espace Jacques Villeret des Fontaines où la ville espère insuffler une nouvelle dynamique, « il faut que ce soit un espace ouvert, un outil de création et de diffusion en lien avec les écoles et les structures socioculturelles. » Il n’y a plus qu’à convaincre les habitants.

Bref, si elle rassure un peu sur ses ambitions culturelles (CCNT, biennale), la ville de Tours reste néanmoins timide quand il s’agit d’être précurseur. Heureusement, elle est aidée par des moteurs comme le futur Centre de Création Contemporaine, ou le Théâtre Olympia qui devient Centre Dramatique National. De plus, elle s’appuie sur un tissu bien organisé, dynamique et très professionnel mais fragile, notamment à cause des contractions de subventions. Ainsi, on attend encore de savoir ce qui se trame autour du Château du Plessis, devenu au fil des mois le grand défi culturel de la ville de Tours : sauver un lieu historique tout en assurant la pérennité d’un acteur majeur de la culture tourangelle (la Cie Cano-Lopez). Il s’agit là d’un cas particulier, mais – comme le dossier du Bateau Ivre – c’est aussi un symbole. Et ça compte les symboles dans un bilan.

Olivier COLLET

Photo : l'entrée du site des Granges Collières, futur lieu de résidence d'artistes.