Tours

Tours Métropole toujours sur les rails

Les élus ne se laissent pas décourager malgré les obstacles qui restent nombreux.

Depuis le début de l’année, les politiques tourangeaux avancent presque tous ensemble vers un objectif : celui de voir Tours devenir une métropole et plus une simple communauté d’agglomération. Pour résumer et simplifier, ça signifie obtenir plus de dotations de l’Etat (7 millions selon les estimations) et faire partie du groupe des grandes villes du pays, donc être plus attractive pour des installations d’entreprises ou de grands équipements nationaux. Problème : si Tours répond à une bonne partie des critères, il lui en manque encore quelques uns. Il faudra donc ruser un peu avec la loi pour réussir ce défi alors que, dans le même temps, Orléans devrait également devenir métropole sans trop forcer (lire, à ce sujet, l’opinion du député de Tours Jean-Patrick Gille).

Lors du conseil communautaire de ce lundi soir, l’optimisme était globalement de rigueur. Pas question de baisser les bras ni de briser la dynamique de consensus (trop rare dans ce pays où les élus passent leur temps à se déchirer) : « le club des métropoles est difficile d’accès et il sera encore plus fermé dans les mois qui viennent », a commencé le président de Tour(s)Plus Philippe Briand, « on nous dit qu’il y aura bientôt un débat au Sénat puis à l’Assemblée Nationale et qu’à cette occasion nous pourrons déposer un amendement pour faire valoir la candidature de Tours. Et je ne vois pas une agglo en France qui ait fait autant de chemin que nous en neuf mois. Il est considérable et nous devons en être fiers. Nous allons donc essayer de porter ce projet avec tous les parlementaires. Il y a des trains à ne pas rater. Je suis content pour Orléans, mais on va se battre. »

Le socialiste Vincent Tison nous a d’ailleurs refait le coup du « moment historique » déjà entendu lors du dernier débat communautaire sur ce sujet. « Il faut une démarche offensive pour notre territoire. » Quelques propositions ont néanmoins été faites : viser une autosuffisance alimentaire pour l’écolo Emmanuel Denis (objectif validé par le président) ou mieux impliquer la population dans le projet pour les socialistes. L’élu LR tourangeau Thibault Coulon a lui pointé trois axes de développement prioritaires pour cette future métropole : énergie, numérique et santé : « il faut prendre part aux grands enjeux de transformation de notre époque. »

Seule voix véritablement discordante, celle des communistes et en particulier de la maire de St-Pierre-des-Corps Marie-France Beaufils. Si elle souligne un travail intéressant sur le projet, elle vote contre car elle n’est pas sûre que « ce changement de statut puisse nous permettre d’être plus efficaces. » Elle craint aussi que les communes de la banlieue de Tours perdent de leur influence « ce ne serait pas dans l’esprit de l’agglo jusqu’à maintenant. » « Il ne faudra pas oublier la proximité » a tenté de rassurer Philippe Briand conscient que la mise en oeuvre de cette métropole sera « longue et difficile. » Seuls trois élus ont voté contre la projet.

Olivier COLLET