Tours

Transports à Tours : pas de décollage immédiat

Un deuxième tram en 2023, le dossier de la navette Tours / SPDC qui s’enlise et l’aéroport de Tours à réinventer : il y a des projets, mais ils vont être longs à sortir de terre. On vous explique en détails. (2/2)

Cliquez ici pour lire la première partie de notre mise au point au sujet de la seconde ligne de tramway et de l’évolution du réseau de bus de l’agglomération tourangelle.

La navette Tours / St-Pierre-des-Corps : Un débat sans fin cette affaire… Depuis que la SNCF a supprimé la navette permanente lors de la mise en place du cadencement, on voit régulièrement le sujet revenir dans l’actualité. Aujourd’hui, pour relier les deux gares, il faut prendre des TER ou des navettes (oui, il y a encore des trains qui font juste l’aller-retour Tours / SPDC) dont les horaires correspondent plus ou moins à ceux des TGV qui ne s’arrêtent qu’à St-Pierre-des-Corps. Les habitués de la grande vitesse réclament tout fort une amélioration de ce service se plaignant des temps d’attente parfois trop longs ou des retards des trains en provenance d’autres gares et censés les emmener jusqu’à Tours.

Soyons clairs, même si un jour il y a le tram à SPDC, il ne mettra jamais 5 minutes jusqu’au centre de Tours. Ce n’est donc pas ça la solution des voyageurs impatients. Il y a deux possibilités : le retour d’une véritable navette ou un téléphérique. La première option est compliquée à mettre en œuvre parce qu’il faudrait construire de nouvelles voies entre la Rotonde à Tours et la gare corpopétrussienne. Et la SNCF fait bien traîner le dossier, pour ne pas dire qu’elle le freine. Et en face, les élus ne la bousculent pas plus que ça non plus, le vice-président chargé des transports Frédéric Augis en tête. La compagnie des chemins de fer est une grosse machine qu’il ne faut manifestement pas trop vexer. Bref, à cette allure là, on en a bien pour dix ans.

Alors, on a évoqué une solution alternative : un téléphérique. Oui mais en fait, c’est galère : « on regarde combien cela pourrait coûter. On a l’impression que l’on a juste à mettre trois poteaux et que tout va bien mais c’est plus compliqué. Il y a des contraintes car on ne peut pas passer au-dessus de tout et n’importe quoi. Et puis pour un téléphérique, il faut une montée (vu la densité du secteur de la gare de Tours, pas simple à installer, ndlr). Quand il faut faire un angle, il faut aussi renforcer la structure. Tout ça peut coûter cher » énumère Frédéric Augis qui prévoit d’aller faire un tour à Brest (qui va mettre en service le sien cet automne) pour voir comment ils ont conçu leur projet… à 19 millions d’euros la ligne de 460m pour traverser un fleuve. Sachant qu’il y a 3,5km entre les deux gares tourangelles, ça pourrait faire un sacré budget. Reste donc à savoir combien de passagers seraient susceptibles d’emprunter ce mode de transport (Brest en attend 675 000 à l’année) mais l’équation semble difficile à équilibrer. En revanche, l’élu n’exclut pas un téléphérique ailleurs d’ans l’agglo « après tout, on a des coteaux… »

L’aéroport de Tours : Aujourd’hui, il est géré par la société canadienne SNC Lavallin. Mais elle va vendre ses parts à une autre entreprise d’ici peu. « L’ensemble du personnel sera repris, cela ne changera rien pour les passagers » rassure Frédéric Augis. Cette société exploitera l’aéroport jusqu’en 2022, donc jusqu’à la date de fin de contrat avec Tour(s)Plus. « Lorsque ce nouveau prestataire sera arrivé, on posera la question pour savoir quelles sont ses nouvelles ambitions avec nous » poursuit l’élu. « Il y avait des projets avec Lavallin, on demande à un certain nombre de compagnies si elles sont intéressées pour desservir Tours. Mais pour l’instant, l’objectif c’est de se stabiliser autour des 200 000 passagers annuels (187 000 en 2015, ndlr) puis de restructurer ce contrat afin d’y voir plus clair et de continuer le développement que tout le monde souhaite. »

Donc, si on décode, ça signifie que pour l’instant il ne faut pas s’attendre à l’annonce de nouvelles destinations au départ de Tours mais que l’agglo aimerait bien que ça finisse par arriver. Avec Ryanair, ou avec d’autres transporteurs ? « Je ne connais pas d’autres compagnies que des low cost qui veulent venir sur Tours. En revanche, je ne doute pas un instant que d’autres compagnies que Ryanair puissent être intéressées » avance Frédéric Augis avant de conclure, très sérieux : « c’est du développement durable l’aéroport de Tours, ça évite d’aller en voiture autre part. »

Mais au fait, si jamais il y a plus de vols à Tours, on risque d’avoir un pépin : il est tout riquiqui l’aéroport. On en a fait l’expérience au printemps. De retour de Marrakech, notre vol est arrivé peu après celui qui venait de Porto. Résultat : il a fallu attendre sous un barnum posé sur le tarmac que les passagers précédents passent tous la douane avant de pouvoir faire la même chose (heureusement qu’il faisait beau…). Avec deux agents pour près de 200 passagers, ça prend un sacré bout de temps. Et après ça les bagages n’étaient pas encore arrivés. Résultat : plus d’une heure pour sortir. « Oui, il y a des problèmes aux arrivées et aux départs. Il faut des travaux d’extension. Il faut voir comment on peut restructurer l’aérogare. » concède Frédéric Augis. qui déplore que la précédente majorité n’y ait pas pensé avant de faire venir Ryanair. Parce que forcément, entre les études et le chantier, ça va encore prendre un temps fou cette histoire.

Maison du vélo : Finalement, c’est le dossier qui devrait aboutir le plus vite. Mais il traîne quand même. Frédéric Augis : « c’est un dossier très important. On cherche un lieu pour construire ou acheter… Il faudra que ce soit un équipement multimodal qui regroupe la location des Vélocity, des services autour des vélos électriques, un accueil pour les personnes qui viennent de la Loire à Vélo, de quoi faire de petites réparations ou prendre une douche… » Mais pour le calendrier, aucune date n’est avancée.

Conclusion : Tours veut devenir une métropole. Pour se prétendre comme tel, et notamment attirer investisseurs, population et touristes, il faut un réseau de transport très performant. Incontestablement, le nôtre a des atouts. Un magazine a même certifié le réseau Fil Bleu N°1 en France l’hiver dernier et la fréquentation de ce dernier continue de progresser. Mais le bus et le tram ce n’est pas tout. Alors que l’on approche de la mi-mandat des élus de Tour(s)Plus, il est donc plus que temps de passer la seconde pour ne pas se laisser distancer.

Olivier COLLET