Tours

« Il faudrait faire 20 millions d’€ de travaux à la Fac des Tanneurs »

Future école publique de management, rénovation, recherche, effectifs… Le nouveau président de l’Université de Tours fixe le cap.

L’Université François Rabelais de Tours est la plus grande de la région Centre-Val de Loire, et elle va encore prendre un peu plus de poids cette année avec une hausse de ses effectifs, +3% en première année, soit une centaine d’étudiants supplémentaires et 4 800 au total en post-bac. Président de l’UFR depuis le printemps en remplacement de Loïc Vaillant, Philippe Vendrix croit voir dans ce petit sursaut d’inscriptions « un baby boom lié à la victoire de la France à la Coupe du Monde 1998 en attendant celui lié à l’an 2000. » Ca pose parfois quelques soucis d’organisation, mais cet attrait pour la ville n’est pas spécialement pour lui déplaire : « si Tours veut devenir métropole, il lui faut absolument une Université forte ». Et  pourtant, le magazine L’Etudiant classe Tours 22ème dans son palmarès des villes étudiantes, loin devant Orléans mais aussi loin derrière Poitiers. Du coup, le nouveau N°1 de la Fac préfère retenir le classement de Shanghai qui distingue Tours dans la thématique science des matières et ingénieries.  

Des effectifs en hausse

Au total, l’université tourangelle compte près de 27 000 étudiants, un sur 3 vient d’Indre-et-Loire, 28% résident hors de la région voire à l’étranger. Près d’un quart des jeunes a pris la direction de l’école de médecine dont la première année attire une centaine de personnes en plus qu’en 2015 grâce à l’augmentation du numerus clausus qui permet à une dizaine d’élèves supplémentaires d’accéder en seconde année.

Deuxième site universitaire le plus fréquenté, l’UFR Droit, économie et science sociale (aux Deux-Lions, 17% des élèves), même s’il y a moins de monde en AES « peut-être que ce cursus mérité d’être revu ? » s’interroge Philippe Vendrix. Le président note également l’attrait pour les langues, « un bon signe pour l’ouverture au monde », même si la licence d’allemand n’est pas assez demandée pour être maintenue. Quant à la psychologie, elle intéresse 700 étudiants, un boom qui ne se dément pas. Comme il n’y a pas de place pour tout le monde « nous avons privilégié la sélection géographique plutôt que le tirage au sort. »

Bientôt un nouveau site Internet

Autre « filière » qui intéresse massivement à l’Université de Tours : l’UTL, ou Université du Temps Libre. Les séniors en sont très friands, mais tout le monde peut y aller dès 18 ans, « ça permet de s’ouvrir à des personnes qui n’ont jamais eu l’occasion d’aller à l’Université. » Les cours, très diversifiés, se font à Tours, Fondettes ou St-Cyr-sur-Loire. Les inscriptions sont ouvertes.

Dans la catégorie « innovations », Philippe Vendrix note que Tours est la première fac du pays à proposer du télétravail jusqu’à deux jours par semaine à ses salariés « et on a déjà quelques demandes. » Le Conseil Départemental d’Indre-et-Loire fait de même depuis quelques mois, on y avait fait un reportage. Mais encore ? L’UFR travaille à un nouveau site web et à une refonte de son Intranet. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour eux ça veut dire beaucoup. De plus depuis peu, l’Université se fait plus présente sur les réseaux sociaux. Elle voudrait aussi profiter de l’essor des nouvelles technologies, notamment l’Open Access, pour mieux mettre en valeur les productions de ses chercheurs et ne pas forcément dépenser des fortunes pour acquérir les revues dans lesquelles ils publient.

Une école de commerce publique ?

Ensuite le gros dossier, dans les mois qui viennent, c’est le travail autour de la stratégie à long terme de l’Université. Elle va être complètement revue, au travers notamment de la préparation du nouveau contrat qui doit être signé avec le Ministère de l’Enseignement Supérieur d’ici 2018 (il sera ensuite valable jusqu’en 2023). La fac est donc en train de faire un audit critique de toutes les formations qu’elle propose afin de voir quels sont ses points forts et ses points faibles. Bref, il faut s’attendre à des évolutions d’ici deux ans dans l’offre de licences et de masters. Par exemple, l’UFR de Droit… pourrait accueillir à la rentrée 2018 une école publique de management et de commerce « mais il faut voir quelle plus-value on peut apporter par rapport à des établissements privés comme l’ESCEM » précise bien Philippe Vendrix.

Enfin, l’Université de Tours a besoin de travaux. De gros travaux. Genre aux Tanneurs : « il y en aurait pour 20 millions d’euros afin de faire quelque chose de décent » s’inquiète Philippe Vendrix qui se demande bien comment une telle somme pourra être trouvée. « Ce chantier pour nous c’est une frayeur. Il faut faire la mise en sécurité, revoir les terrasses… Rien que la passerelle c’est 3 à 4 millions d’euros. » Des chantiers sont tout de même déjà lancés comme celui de la rénovation énergétique avec un prêt à taux zéro de 5 millions d’euros. Et puis peut-être qu’il faudra trouver des crédits pour la sécurité. Le ministère a été piocher 30 millions d’euros dans les caisses dédiées… au handicap. Le président de l’UFR a lui rendez-vous avec le préfet dans quelques jours pour connaître ses exigences en la matière. Avec pas moins de 200 000m² de locaux, il risque d’y avoir du boulot.

Olivier COLLET