Tours

Un Tourangeau designer de montres

Thomas Hale vient de créer sa propre marque avec un concept original : un abonnement pour recevoir une montre par mois.

Il arrive au rendez-vous les bras nus, mais avec une dizaine de montres dans sa mallette. Thomas Hale a 37 ans, il vit en Touraine depuis 20 ans, et le temps ça le connait. Depuis le début de l’année, il en prend pour monter son entreprise, une marque de montres. Une façon de réaliser son rêve, lui le fan du bijou masculin le plus porté, qui dépensait dès qu’il le pouvait son argent de poche pour en acquérir lorsqu’il était encore au lycée : « à une époque, j’en achetais presque toutes les semaines. » Ce qui ne l’empêche pas d’user, à l’occasion, du célébrissime quart d’heure tourangeau.

Comme beaucoup de jeunes de sa génération, Thomas a commencé avec une Flic Flac au poignet. Aujourd’hui, il a grandi et les modèles qu’il imagine sont sportifs, élégants, fins ou plus chargés. Une gamme de montres pour tous les styles : bracelet en cuir, en métal, gris, noir ou marron… Un cadran bleu ou noir, avec ou sans chrono… A mi-chemin entre un look sportif et vintage. Plutôt classe, sans être bling-bling. « En mars dernier je me suis rendu au salon européen de Bâle en Suisse pour rencontrer des fabricants et leur présenter mon projet. Mais je n’ai pas forcément été pris au sérieux » se souvient-il. Finalement, il y a rencontré une entreprise danoise qui l’épaule dans la conception des bijoux et se charge ensuite de la fabrication.

Ainsi est née M1M : « c’est un nom anglo-saxon, c’est le moment dans la vie de chacun où l’on se demande si on lâche ou si l’on continue. » Mon Moment Unique en somme. Une marque haut de gamme puisque certains modèles seront vendus 150 à 200€ l’unité, souvent en série limitée, « au moins 6 fois par an ». Deuxième option, moins chère, l’abonnement mensuel à 60€ avec un trimestre d’engagement permettant de recevoir une montre par mois, mais sans que le client puisse savoir à l’avance à quoi ressemblera l’objet. Un défi commercial, car les hommes ne sont pas forcément très nombreux à se laisser tenter régulièrement par l’achat de nouvelles montres. D’autant plus si ils ignorent leur allure. D’où l’idée de Thomas de créer en parallèle « une communauté M1M » pour des échanges entre membres, par exemple.

Le jeune entrepreneur tourangeau, père de famille, vient de lancer une campagne de financement participatif pour faire décoller sa marque. Objectif : 100 précommandes de montres en 45 jours. Il s’est aussi rapproché de sportifs (boxe, BMX rallye ou handisport) pour faire connaître ses produits avec également l’espoir de pouvoir utiliser une partie de ses bénéfices pour œuvrer à la promotion de sports méconnus.

Olivier COLLET