Tours

Après la chasse aux Pokémons, la chasse aux chariots

La photo du jour d’Info-Tours.fr.

On les trouve parfois posés là dans les rues de Tours, près d’un arbre, d’un passage pour piétons, d’une porte d’immeuble ou d’un arrêt de bus. Des caddies. Enfin, un caddie. L’engin ne se déplace jamais en meute bien qu’il préfère dormir en groupe, bien au sec sous les hauvents des parkings de supermarchés. C’est un évadé, un objet en liberté. Perdu dans le vrai monde. Plus rare qu’un Rattata, moins amusant qu’un Pikachu mais pas totalement dénué d’intérêt. Le remarquer ne laisse pas totalement indifférent. Au mieux il fait sourire, au pire s’il agace s’il est en travers du trottoir. Un petit coup pour le faire rouler et le « problème » est réglé.

Posons-nous les vraies questions. Que fait-il ici ? Qui l’a amené là ? Est-il venu tout seul à la force de ses petites roues ? On pense alors au client désoeuvré, sans voiture, qui a acheté plein de trucs lourds (litière pour chats, lessive, packs d’eau et de sodas, pastèque... - oui, ça pèse une pastèque) et qui ne peut pas tout porter à la force de ses deux bras. Alors il part en randonnée avec son chariot, faisant fi des regards déplacés des passants qui désapprouvent ce geste de rébellion. Comment le blâmer ? Même si le caddie n’est pas fait pour sortir de sa zone de confort, il doit rester à proximité de ces autres amas de fer et de plastique pour servir à d’autres clients avides de consommation.

Et bien sûr, le Tourangeau qui a ainsi emmené ce caddie au loin ne le ramène pas. Il l’abandonne, laissant le soin à la SPC - la Société Protectrice des Caddies - de le raccompagner à bon port (ou pas). Mais avant cela, il aura pris soin - on a vérifié - de trouver la combine permettant de récupérer son euro ou son jeton de caddie. Il n’y a pas de petit profit.