Tours

La maison d'arrêt de Tours de nouveau occupée à 200%

Conflits, manque d'effectifs... Des surveillants tirent la sonnette d'alarme.

"L'été, il y a toujours plus de délinquance et donc de sureffectif..." : le secrétaire général du syndicat SPS de la Maison d'Arrêt de Tours se dit fatigué. Ce mois-ci, il explique avoir enchaîné 43h supplémentaires, autant qu'en juin. Et selon lui certains de ses collègues atteignent les 70h supplémentaires sur 30 jours à cause de la surpopulation de l'établissement : 282 détenus cette semaine, jusqu'à 293 il y a quelques jours : "suite à l'inondation de la prison d'Orléans on a reçu 90 détenus en plus. Pour nous c'est énorme. On voit aussi beaucoup de personnes venir pour des peines d'un mois de prison ce qui ne se faisait pas avant."

Alors que le taux d'occupation des cellules tourangelles était reparti à la baisse ces derniers mois, le voilà de nouveau proche des 200%, seuil critique et supérieur à la moyenne nationale. "Il n'y a pas de matelas par terre mais jusqu'à 3 lits par cellule."

Autre point sensible d'après les syndicats du personnel de la prison : "nous sommes 47 surveillants alors que l'on devrait être 54" précise Laurent pour le SPS37. Et si deux postes vacants doivent prochainement être pourvus, ce sera seulement en novembre : "les plannings d'été ont été compliqués à faire. Il a fallu rappeler des agents qui ne travaillent que la journée pour faire des nuits. Normalement la nuit on doit être 4 mais nous ne sommes plus que 3. A l'étage, il y a souvent un surveillant pour 70 à 80 détenus alors qu'il n'y a que 40 places."

Une accumulation déjà vue et qui crée des tensions, voire des agressions comme au printemps (une surveillante agressée par un détenu mineur ou un autre agent "agrippé par le col" par un détenu du quartier disciplinaire). Le syndicat déplore un manque d'écoute de sa hiérarchie : "on nous dit que nous ne sommes pas les seuls et que nous ne sommes pas prioritaires."

O.C.