Tours

G Bonson, artisan de samples et brocanteur musical

Le Tourangeau revient avec 9 titres. Un album et une première partie de Wax Tailor vont suivre.

Les retrouvailles. Le 15 novembre G Bonson est programmé en première partie de Wax Tailor au Temps Machine de Joué-lès-Tours. Belle affiche, joli clin d’œil, car il y a quelques années maintenant (suite à un concours, en 2007) ce Tourangeau de 42 ans a été sollicité par Wax Tailor himself pour remixer un de ses morceaux. Il pourrait le jouer au cours de son set automnal pour amorcer la transition : « depuis on a toujours quelques contacts, on prend des nouvelles » explique cet homme pressé, modeste, bavard et détendu.

Avant de taper dans l’œil d’autres artistes qui apprécient son travail en guise de remixs, G Bonson (dont la carte d’identité affiche le prénom Jérémy) a longtemps œuvré dans l’ombre, même aujourd’hui il ne court pas forcément tête baissée vers la lumière, et mesure les opportunités qui s’offrent à lui. Il y a quelques jours, il a fait apparaître sur Soundcloud un nouvel LP, après de longs mois d’absence. Du fait maison, « en direct de mon home studio », avec son ordi et ses platines : « je fais mon truc, c’est plus important de faire de la musique que de la vendre. » Logiquement, ses derniers titres sont à prix libre.

Des sons souvent extraits des 70's

Guili Guili, Hum Hum, Loin vers l’infini… Dans les 9 compos de G Bonson, il y a de l’humeur. Dès les premiers samples, il nous captive « Invite your attention… » semble-t-il nous ordonner de loin, par voix interposée. Derrière son écran et avec les vinyles qu’il collectionne en faisant les brocantes, l’homme triture, transforme, compile, assemble… Un jeu de construction qui donne un résultat dense et intense, on se cale alors dans une ambiance de milieu de nuit ou de fin d’après-midi, posé, accroché. G Bonson nous prend et nous enlace avec des musiques rétro et douces, aspirantes et enivrantes. Ca vient parfois des années 70 mais c’est aussi très actuel : « c’est le son des brocantes. Du jazz, du funk, du rock… A une époque où il y avait encore des choses qui dépassaient, ça ne sonnait pas aussi carré que maintenant. »

Son univers, G Bonson le doit au hip hop : « j’en ai toujours écouté depuis mon adolescence et je me souviens encore de ma découverte d’NTM quand j’avais 16 ans. Ce qui m’intéressait, c’était surtout le côté instrumental, j’ai toujours kiffé la musique de boucle, en particulier celle des Américains, eux-mêmes considèrent les paroles plus comme de la musique. » A 24 ans, en 1998, il acquiert sa première machine. Lui aussi veut sampler. Mais Internet et sa réserve de sons n’existe pas encore alors il cherche les vinyles les plus rares possible, et forcément il tape dans le old school en vérifiant à chaque fois pour s’assurer qu’il est seul sur le coup.

Un Beat Maker vite remarqué

En plus des instrus qu’il bidouille, G Bonson se prend au jeu du remix : « quand j’en fais j’essaie que ce soit une autre interprétation. » Et il commence à scratcher. On est en 2005, le moment où il trouve son nom de scène (« G pour [Jai]rémy, Bonson parce que je fais du bon son », tout simplement). Il a son émission sur Radio Béton et assure ses premières soirées soul-funk dans la région, avec DJ 1-Verse. Avec l’essor de Myspace, son cercle s’agrandit, un premier label s’intéresse à lui et l’album Do my thing finit par sortir en 2013, il est suivi de sessions live comme à Terres du Son en 2014 (il est coup de cœur du festival de Monts) ou à Nantes.

2014, plus gros label (TFTC) et deuxième disque, The dust and the incense, « aux sonorités japonisantes et indiennes. » Dans un morceau de G Bonson, il peut y avoir jusqu’à 10 titres originaux déstructurés : « il faut qu’ils restent méconnaissables, c’est un sport de reconnaître les samples. » Le Beat Maker qui vient à peine de publier Invite your attention (dont la pochette est une photo prise par sa fille) prépare désormais la sortie d’un nouvel album complet d’ici l’hiver : « dessus il y aura tout, du très sombre au très léger. » A découvrir sur scène en novembre, Jérémy nous promet un set « intense. » Et ajoute aussi qu’il va faire en sorte de donner de ses nouvelles plus souvent.

Olivier COLLET

Pour écouter G Bonson, ça se fait par ici.