Tours

Tours Métropole : pour le ministre c'est non

Jean-Michel Baylet a douché les espoirs des élus Tourangeaux en marge d'une visite au Vinci.

Si certains ont cru que la visite de Jean-Michel Baylet à Tours ce jeudi était le signe de son intérêt pour Tours Métropole, ils vont être déçus. Le ministre de l'aménagement du territoire a fait l'aller-retour entre la gare et le Vinci pour clore un congrès. Mais il a quand même pris le temps de discuter avec la presse. Et il savait très bien que ce n'était pas pour parler d'énergie mais de Tours Métropole, ce projet de montée en grade de l'agglo tourangelle défendu par les élus d'ici mais conditionné à un accord du gouvernement. Et c'est là que ça coince...

La semaine dernière, Philippe Briand (président de Tour(s)Plus), Serge Babary (le maire de Tours), le député Jean-Patrick Gille ou encore Mélanie Fortier ont été reçus par Jean-Michel Baylet à Paris, "une délégation convaincue et combative" nous dit-il. Mais la motivation ne suffit pas : "la difficulté c'est que dans le cadre de la loi ce n'est pas possible (de donner le statut de métropole à Tours, ndlr)" assène direct le ministre.

Et de poursuivre : "c'est trop tard, les délais sont dépassés." Il explique là que Tours aurait dû passer en Communauté Urbaine bien plus tôt, que désormais seule "une modification de la loi" pourrait changer la donne, mais aucun texte n'est à l'ordre du jour de l'Assemblée Nationale et on voit mal ça arriver avant la présidentielle... Les élus locaux espéraient qu'une demande de rendez-vous avec Manuel Valls pourrait faire pencher la balance en leur faveur, encore raté : "il y a 15 métropoles aujourd'hui en France et 15 villes qui veulent le devenir. Elles ont toutes demandé un rendez-vous à Manuel Valls mais le gouvernement n'est pas favorable à une extension de la liste."

Donc Jean-Michel Baylet dit "Non" tout fort et conseille à Tours d'abandonner ses ambitions, de se contenter de la Communauté Urbaine "au statut proche de celui de métropole." Dans le même temps, il précise que dans l'immédiat Orléans n'a pas plus de chances que nous de devenir métropole malgré sa candidature et son statut de capitale de région. Dans l'absolu, il ne verrait pas de mal à avoir deux métropoles à 100km de distance mais en fait il ne veut même pas y penser ni en parler, vu que c'est de la politique fiction (et il s'en va agacé après cette question). En clair, et c'était prévisible, le gouvernement laisse Tours sur le bord du chemin. Reste à savoir comment réagiront les élus d'ici : obstination ? Renoncement ? Contre attaque ? Le feuilleton politique n'est sans doute pas terminé.

Olivier COLLET