Tours

Fête de la Musique à Tours : partout, tout le temps

A la recherche du bon son dans les rues.

C'est un peu la même chose chaque année : on prend la direction de la Fête de la Musique au hasard, sans trop savoir ce que l'on va trouver, avec quelques idées derrière la tête mais aucun parcours défini. On repart avec le sentiment que c'était un peu trop court. A Tours, 2016 n'a pas échappé à la règle. Ca commence comme ça sans prévenir, avec du gospel à la descente du bus sur la place de la gare. Un groupe énergique, plutôt talentueux et entraînant, et un public de plus en plus nombreux au fil des chansons. Parfois un peu hésitant mais naturel : on est lancé.

Entre deux chansons, un son lointain se fait entendre : des batteries. Curiosité oblige on s'approche. Des mecs en costard-cravate et des nanas en tailleurs qui sortent d'un congrès sans doute bien pompeux au Vinci se retournent, lancent un regard curieux mais filent sans presque s'arrêter. Nous on s'attarde. Et on cherche les musiciens. Ils sont deux, cachés derrière un mur de batteries immense. Casques vissés sur la tête, ils réorchestrent des tubes à la demande en jouant par dessus la bande son. Un play back de batteurs, et en plus le public peut choisir les morceaux grâce à un grand tableau posé devant.

Plusieurs centaines de mètres plus à l'Est, on tente l'aventure aux Halles. Mais 3 minutes plus tard on est déjà Place du Grand Marché pour mater un peu de hip hop, ça n'a jamais fait de mal à personne. On sait qu'un peu plus loin Place de Châteauneuf y'a Ropoporose qui présente quelques nouveaux titres devant une boutique de déco, c'est juste en bas de là où habite l'un des deux membres du groupe. On file, et sur la route on croise un gars, posé pépère à sa fenêtre avec deux grosses enceintes posées sur le rebord et qui crachent des bpm à fond; Fête de la Musique à domicile !

C'était bien Ropoporose... Mais comme on connait, on finit par aller tenter de nouvelles expériences. Devant l'un de nos repères, Le P'tit Soleil, ils ont aménagé une sorte de guinguette, du linge pend aux fenêtres (coucou Robert Ménard !), et c'est ambiance rap. A peine 30m plus à l'Ouest, on retourne des dizaines et des dizaines d'années en arrière avec la programmation audacieuse d'Arcades Institute qui débute sa soirée avec des musiques anciennes. La curiosité pousse à rester avant d'aller écouter du saxo Place Plume, de croiser La Vaginale au même endroit que l'an dernier (la fanfare de l'école de médecine) puis un groupe qui tente de faire ses balances malgré la proximité d'une autre fanfare et de ses danseuses en (très) petite tenue.

La balade nous amène devant les Tanneurs. Et on se demandera sans doute longtemps pourquoi on n'a pas écouté jusqu'au bout ce bootleg Daft Punk / Louise Attaque qui avait l'air si bon. Parfois on fait de mauvais choix... Oui mais Philémone nous attend au Château de Tours. Un peu de rap sur la route Place Anatole France et on retrouve Fanny en pleine forme sur la scène des découvertes de Terres du Son. Elle bouge beaucoup, déploie une belle énergie (ça faisait quelques mois qu'on ne l'avait pas vue). L'accueil est bien chaleureux ! On n'a pas pu les voir mais on aurait aimé : plus tard il y avait Mathem & Tricks...

Il se fait faim et la Rue Colbert devrait réussir à nous satisfaire : dans la ville, tout le monde a sorti son menu Fête de la Musique à environ 10€. Allez, va pour le sandwich boeuf-merguez à la plancha des Pierres Fondues (7€, quand même...) dégusté devant deux DJs puis un petit groupe de retraités basé devant le Corneille.

C'est drôle la Fête de la Musique, en 5 minutes tu peux entendre deux fois la même chanson : Knocking on Heaven's Door des Guns'N'Roses par un groupe de rock local près de St Julien... Et la même en version douce Place de la Résistance. Notre coeur balance. Tu mixes ça avec un peu de cornemuse, des claquettes et un enchaînement Amy Winehouse / Les Wampas assuré tout naturellement par un (bon) groupe Place de la Gare et te voilà (presque) rassasié. Quand même, on aurait bien demandé un petit rappel...

PS : preuve qu'il y avait du monde en ville, on a dû croiser au moins 20% de notre répertoire en quelques heures.

NB : c'est sympa la petite rose offerte Rue Colbert en guise de porte-bonheur "parce que comme ça tu prendras forcément de bonnes photos."

Olivier COLLET