Tours

Arrêter la pluie et se faire un torticolis avec le jeu Sensei

Un projet tourangeau qui ambitionne de révolutionner le jeu sur mobile.

Imagine. Tu es tranquille dans le tram de Tours, et là tu vois ton voisin qui se contorsionne dans tous les sens avec son smartphone dans la main. Non, il ne fait pas du yoga (quoique…). Il est peut-être juste en train de jouer à Sensei. Disponible en version test pour iPhone (en s’inscrivant par ici), cette nouvelle appli est 100% tourangelle et s’est fait remarquer sur le web ces dernières semaines depuis que le projet a été officialisé, parce que c’est novateur et audacieux.

Ceux qui se lancent dans cette aventure ne sont pas des inconnus. D’un côté il y a Many, Joris et Mathieu (installés à Mame et que l’on connait aussi via l’appli Nowly), de l’autre RCP, l’agence qui a notamment conçu l’ambiance du tramway tourangeau (sa fondatrice, Régine Charvet-Pello, est également une ancienne adjointe du maire Jean Germain). Tous se fréquentaient déjà depuis un moment « pour faire le point sur nos projets » explique Many puis est venue l’idée de faire une séance de travail intense pour créer un jeu. Les développeurs se sont donc mis au travail : « on en avait jamais fait bien qu’on est les compétences et que l’on soit des amateurs de jeux vidéo alors on s’est enfermé pendant une semaine l’été dernier et on a fourni l’équivalent d’un mois et demi de travail. »

Le résultat est un jeu avec une grenouille, « sans aucune prétention », mais RCP y voit du potentiel et l’occasion de développer un marché que l’entreprise estime négligée : le jeu sensoriel. « Tout le monde le prend en considération et c’est utilisé partout par petites touches. On en parle, on tâtonne mais ce n’est pas encore démocratisé parce qu’on a du mal à en parler et à le faire comprendre » analyse Mathieu, de l’agence qui estime que le jeu est un bon moyen de faire naître une nouvelle tendance.

C’est vrai que pour vraiment capter ce qu’est Sensei il faut l’avoir eu entre les mains et s’énerver un peu dessus. Taper, crier, souffler, tourner… « Le challenge c’était de créer un jeu qui exploiterait l’intégralité du téléphone : l’écran, le haut parleur, l’appareil photo… Le potentiel est assez impressionnant et sous-exploité » détaillent les deux hommes qui ont donc imaginé avec leur équipe un personnage, Mimo, dont l’objectif est de résoudre des énigmes pour avancer dans la vie, en l’occurrence devenir le sage de son village (le mot Sensei signifie maître japonais).

Le jeu a été pensé avec 30 niveaux et donc autant d’expériences à mener pour l’utilisateur, parfois des casse-têtes, des exercices de réactivité, des jeux de logique… « Le but c’est de sortir de son smartphone, ne pas rester sur l’écran, de surprendre… Au final c’est aussi amusant de jouer que de regarder les autres jouer. » Conçu à Tours jusqu’à sa bande originale (réalisée par l’artiste Beat Mataz), Sensei tente actuellement de lever des fonds (20 000€) via une campagne de financement participatif et pourrait être officiellement lancé avant la fin de l’année.

Olivier COLLET