Tours

Tours change ses horodateurs et prend les mêmes qu’à New-York

Dès le 20 juin vous pourrez payer le parking par carte bancaire et avec votre téléphone.

La ville de Tours repense son système de stationnement payant. L’objectif est clairement affiché : faire en sorte que les automobilistes paient plus souvent et restent moins longtemps sur les places. Un seul chiffre en exemple : on estime qu’à peine un conducteur sur 3 s’acquitte de son parcmètre dans les règles. Quand on sait que chaque année les recettes liées aux horodateurs sont d’environ 3,5 millions d’euros à Tours, le calcul est vite fait : ça pourrait être beaucoup plus. Alors la municipalité a entrepris de changer les 250 machines présentes sur ses trottoirs d’ici 5 ans (à 5 000€ pièce, made in France, à Besançon, et identiques à celles que l’on trouve dans les rues de New-York et de dizaines d’autres villes), sachant que dès ce mois-ci 90 vont entrer en service (le 20 juin précisément).

Alors pourquoi changer ? Parce qu’avec ces nouveaux horodateurs, le paiement par pièce n’est plus obligatoire. Il reste possible mais on peut aussi se servir de sa carte bancaire (avec ou sans contact), donc les automobilistes qui n’ont pas de monnaie n’auront plus d’excuse pour ne pas prendre de ticket (et en plus des études menées ailleurs ont montré qu’ils payaient des sommes plus élevées par CB qu’en liquide).

Associé avec Parkeon – qui se présente comme le N°1 du secteur – Tours va également proposer un service de paiement via une application pour téléphone mobile (du nom de Whoosh, téléchargeable sur App Store et Google Play) : une fois inscrit avec son numéro de plaque d’immatriculation, il suffira de géolocaliser sa place de parking, d’indiquer quelle somme on veut mettre ou quelle durée on prévoit de rester et hop, la carte bancaire sera débitée immédiatement. De plus, 10 minutes avant l’expiration du temps de stationnement, on reçoit une alerte pour éviter le PV.

Puisqu’on parle des PV… Comme vous l’avez peut-être deviné, en payant par mobile, fini les tickets. Du coup, les agents chargés de vérifier que les voitures sont en règle seront équipés d’un terminal connecté dans lequel ils entreront le numéro de la plaque d’immatriculation et pourront, en cas de besoin, verbaliser le véhicule de manière électronique.

Par ailleurs, attention, fini la ruse consistant à revenir mettre une pièce toutes les 2h pour rester une journée entière. Avec le mobile, il sera possible de payer à distance mais pas de prolonger son temps de stationnement (car l’objectif est de faire bouger les véhicules. Dit autrement : si vous voulez rester toute la journée en ville, allez dans les parkings souterrains, prenez les transports en commun, marchez ou faîtes du vélo). Mais bon, il y a toujours la possibilité de payer les deux premières heures avec le téléphone, puis les suivantes avec des pièces, par exemple.

Ce qu’il est aussi bon de savoir, c’est que malgré ce nouveau système il y aura toujours des tarifs préférentiels pour les résidents et les professionnels de santé (mais le système de carte disparaît, toujours dans une optique de dématérialisation). Parkeon assure que son service est totalement sécurisé, avec notamment un système qui rend les données bancaires anonymes (celles-ci étant par ailleurs stockées par un prestataire externe). Un service qui a un coût : donc la ville ne touchera plus 100% des recettes des horodateurs.

Tours cherche également des solutions pour diminuer toujours plus le trafic en ville (il a déjà été réduit de 2% entre 2014 et 2015) sachant par exemple que « 30% de la pollution urbaine est liée aux véhicules qui cherchent à se garer. » Donc il faut trouver des solutions pour qu’ils n’entrent pas en ville (les transports, +48% entre 2010 avant les travaux du tram et 2015) ou qu’ils cherchent moins longtemps. Pour réaliser cette deuxième option, plusieurs systèmes sont à l’étude comme une application équipés d’un algorithme qui vous dit dans quelle zone vous avez le plus de chance de trouver des places.

En revanche, l’idée d’une appli géolocalisant les places libres à l’aide de capteurs dans la chaussée n’est pas privilégiée : « la durée de vie d’une place libre est de 30 secondes » nous dit-on. Donc le temps que le téléphone la recense, vous la signale et que vous y alliez, il y a de grandes chances que quelqu’un d’autre l’ait vu avant. Réussir à se garer restera donc une sacrée aventure.

Olivier COLLET

De nouveaux tarifs en 2018 ?

Malgré leur coût, ces nouveaux horodateurs n’entraîneront pas de hausse des tarifs de stationnement à Tours, du moins à court terme, explique Yves Massot, l’adjoint en charge de ces questions. En revanche ils pourraient évoluer à partir de 2018, lors de l’entrée d’une vigueur d’une réforme actuellement en cours d’élaboration et qui donnerait aux villes une liberté totale en matière de politique de parking, et notamment de fixer le montant des PV.