Tours

Digues en Indre-et-Loire : le préfet demande des crédits supplémentaires

Pour les rénover suite à la crue du Cher de ces derniers jours.

Il a beau gérer l’urgence, le préfet d’Indre-et-Loire pense déjà à l’avenir. Car les crues qui inondent actuellement le département vont laisser des traces. Dans les mémoires mais aussi pour l’économie, l’agriculture, le tourisme… Il va falloir des aides, des plans. Il va également falloir envisager des mesures pour éviter de se retrouver à nouveau dans la situation du début de semaine, celle où il y a eu de nombreuses hésitations, incompréhensions. Louis Le Franc ne cesse de le répéter depuis quelques jours : en aval de Tours, la digue qui borde le Cher vers Savonnières et Villandry est ancienne, clairement obsolète (de la terre, dans laquelle l’eau s’infiltre…).

Les digues en Indre-et-Loire, c’est un sujet d’actualité en ce moment… Depuis de longs mois déjà, des travaux sont entrepris pour consolider la levée de la Loire à Montlouis-sur-Loire et St-Pierre-des-Corps. 3km sur 10 ont été réalisés, pour un coût de 3 millions d’euros, 1 million du kilomètre afin de bétonner l’ouvrage. D’où la nécessité de couper la route à ce moment-là. D’ici juillet, la préfecture doit également valider le PPRI, le Plan de Prévention des Risques d’Inondations (on en parlait ici), sujet complexe, technique mais carrément d’actualité, on s’en rend bien compte aujourd’hui.

En marge de son point presse ce vendredi soir, Louis Le Franc a expliqué que jusqu’ici, la priorité avait été donnée au renforcement de la digue de la Loire. Sauf qu’on le voit bien, c’est le Cher qui est menacé et avec un débit de 800m3 par seconde, quand la Loire n’inspire d’inquiétude qu’à des niveaux autrement plus élevés.

Alors le représentant de l’Etat a profite d’une discussion par visioconférence avec Ségolène Royal pour demander des crédits supplémentaires à la ministre de l’environnement afin de pouvoir consolider aussi la digue du Cher. Il est lucide, il sait qu’entre les études et les travaux cela va prendre du temps même s’il obtient les financements (genre 3 ans, minimum). Et encore là, ce ne serait - sans mauvais jeu de mot - qu’une goutte d’eau face à l’ampleur du travail. Le Val de Cher nécessiterait des travaux sur 55km de digues, plus de 200 si l’on incluait l’Indre. « Mais de toute façon une digue ce n’est pas un barrage » conclut le préfet qui s’évertue encore à expliquer à certains élus pourquoi il ne faut pas construire derrière une digue parce que ça n’est pas une protection totalement fiable…

O.C.

Illustration : la Loire en crue à Tours le 3 juin 2016 par Delphine NIVELET.