Tours

Le Startup Week-End de Tours : les projets c’est la santé

Nouvelle édition du concours de créations d’entreprises autour de la santé et des nouvelles technologies.

C’est la petite nouveauté qui fait la différence : « on a installé une discothèque à Mame » s’amuse Julien Dargaisse, notre guide du jour dans le labyrinthe de l’ancienne imprimerie de Tours qui sera inaugurée la semaine prochaine pour devenir officiellement une pépinière d’entreprises géante, dédiée au numérique et aux nouvelles technologies. Ce qui caractérise ce milieu entreprenarial, c’est sa fraîcheur : savoir travailler de manière intense, mais le plus souvent de manière détendue. Ainsi, malgré le photomaton, les organisateurs qui proposent des gaufres à la cantonade ou les tables de ping-pong, l’ambiance est très studieuse en ce dimanche après-midi car c’est le Startup Week-End.

Rappelons le concept : vendredi soir, 95 inscrits sont arrivés avec une grosse vingtaine de projets de créations d’entreprises. Après une première présentation, 12 d’entre eux ont été retenus. Des équipes de 5 à 8 ont alors été constituées avec l’objectif de faire avancer ces projets au maximum en à peine deux jours et de les présenter devant un jury en fin de week-end, les meilleurs obtenant alors des billes pour assurer leur avenir : formations par la Chambre de Commerce et d’Industrie, une journée dans l’accélérateur de startups parisien du Crédit Agricole, adhésion à l’association Paloal Tours…

Parmi les prix également pour cette édition : la possibilité de tester le concept créé au sein du CHRU de Tours. Si l’hôpital est partenaire, c’est parce que toutes les entreprises imaginées ce week-end ont un rapport avec la santé : « c’est un secteur important en Touraine, des gens viennent se former ici du monde entier » appuie Julien Dargaisse. Premier prix : Rozen’n Virtual, un concept pour accompagner les personnes atteintes de cancers au cour de leurs séances de chimiothérapies, pour leur faire penser à autre chose, par exemple grâce à la réalité virtuelle.

Une créatrice d'entreprise de 15 ans, d'autres venus de Guadeloupe...

Récompensés également : le coach alimentaire Jimineat et Mon Ami Malo, ce dernier étant une sorte de peluche pour aider les enfants malades à acquérir de l’indépendance, notamment parce que le jouet leur dit quand prendre leur traitement. Et l’équipe qui le signe s’était déjà distinguée lors d’un précédent Startup Week-end en créant l’application Shake My Tours (dont le développement va prendre plus de temps que prévu).

Ce qu’on retiendra aussi de ce week-end, c’est que la plus jeune meneuse d’équipe n’avait que 15 ans. Inès Mathieu est Tourangelle, en classe de seconde, et elle a eu l’idée de créer un réseau social pour rendre la prévention santé moins institutionnelle et plus tournée vers les ados, en partant du constat « qu’aujourd’hui les campagnes n’intéressent plus les jeunes, personne n’y prête attention au lycée. Alors que quand les malades parlent eux-mêmes de leur maladie cela a plus d’impact. » Son idée est donc de créer un réseau de discussions, modérées, pour évoquer les gestes de prévention ou les risques à travers des retours d’expériences, mais sans que les médecins ou les associations ne prennent toute la place. Et ça s’appelle T-life (T pour teenager, jeune en anglais).

D’autres sont venus de très loin, spécialement pour tenter l’aventure Startup Week-End à Tours : deux kinés de Guadeloupe ont monté leur équipe autour d’un projet de site Internet mettant en relation, de manière plus efficace qu’aujourd’hui, les praticiens qui laissent leur cabinet vide pendant leurs congés, leurs arrêts maladie ou leurs formations et les professionnels de santé remplaçants qui cherchent à s’installer provisoirement. Ils espèrent fonctionner grâce à un algorithme inspiré des sites de rencontres pour créer un pourcentage de comptabilité entre deux annonces : celle du praticien qui cherche un remplaçant, et celle du remplaçant qui cherche un cabinet (via la localisation, le secteur d’activité, les dates…). « Ce serait une manière de lutter contre les déserts médicaux » expliquent les concepteurs de Liberal ID qui veulent aussi impliquer les collectivités et centres de santé dans la boucle pour que des médecins s’installent là où il n’y en a pas.

Également primé ce dimanche, le projet d’application Check In Food, notamment imaginé par Fabrice Lion, le responsable web de l’Agence Départementale du Tourisme en Touraine. L’objectif : permettre aux consommateurs de s’y retrouver dans la jungle des étiquettes et des compositions de produits dans les supermarchés. En scannant un code-barres avec son smartphone, et grâce à une base de données recensant 50 000 produits, on pourra savoir si ce qu’on va manger est bon pour la santé, ou non, grâce à une note qui sera d’ailleurs testée par les autorités dès le mois de septembre (de A à E). « Et l’application pourra conseiller un produit équivalent meilleur pour la santé » notent les développeurs qui envisagent d’offrir la possibilité aux marques de monétiser cette dernière possibilité. Ils veulent aussi travailler avec les nutritionnistes qui pourront renseigner le profil précis de leurs patients et les aider à acheter les aliments qui correspondent à leurs besoins de manière plus personnalisée.

Olivier COLLET

Photos : les équipes de T-life et Check My Tours.