Tours

Festivités autour de St Martin à Tours : trop chères ?

Plus d'1,5 million d'euros de budget.

Si St Martin était encore vivant (on fête cette année le 1 700ème anniversaire de sa naissance), l'évèque de Tours apprécierait sans doute la relecture faite du partage de son manteau. Pour financer les différents événements de l'année martinienne à Tours, la ville a sollicité tous les acteurs publics et tous comptent participer : de la communauté d'agglomération à l'Etat (via la Direction Régionale des Affaires Culturelles) en passant par le département et la région. Budget total : plus d'1,5 million d'euros, sans compter les travaux de réfection de la Basilique. Une somme qui comprend par exemple le spectacle sur la cathédrale St Gatien ou celui à l'abbaye de Marmoutier.

On l'a déjà écrit, St Martin est incontournable dans l'agenda des manifestations de la ville cette année. Ou omniprésent. Ou surexploité. Et comme en plus lui rendre hommage touche de près à la réligion catholique, il y a de quoi vite faire naître des débats. A Tours, ça fait des mois que les élus se disputent et ils en ont remis une couche ce lundi au conseil municipal lors de l'examen d'une délibération visant à demander à l'agglo Tour(s)Plus de mettre la main à la poche (sur près du tiers du budget, sa participation est estimée à 470 000€).

"Ca concerne essentiellement une communauté" a attaqué dans un premier temps Pierre Commandeur (UDE) : "il y a deux poids deux mesures dans une ville qui baisse les subventions aux associations... On ne peut accepter d'amener d'autres communautés dans une telle gabégie financière." "Ce qui choque, c'est le budget" précise Nicolas Gautreau, élu dans l'ancienne majorité et qui reconnait qu'il fallait célébrer cet anniversaire de naissance, mais pas si fort. "Vous en faîtes un point central de votre politique et nous ne sommes pas d'accord" conclut de son côté Cécile Jonathan.

Il n'en fallait pas plus pour réveiller les lions UDI de la majorité. D'abord Christophe Bouchet dont c'est le bébé : "on n'a pas inventé l'anniversaire de St Martin ! C'est une opportunité. Le tourisme religieux existe et on l'assume, comme d'autres villes. Plus tard, ce sera le moment de Balzac, de Rabelais, de la Loire... St Martin c'est juste un moment, un investissement."

Même si sa délégation n'a rien à voir avec St Martin (il s'occupe du sport), Xavier Dateu en a remis une couche vers la gauche : "vous tournez autour du pot de façon hypocrite, sournoise. C'est du petit picaillat (mot inventé, que l'on peut comprendre comme pinaillage, ndlr). St Martin est un sujet porteur et pas seulement religieux." Il s'agira tout de même de tirer un bilan : quel sera le public des rendez-vous instaurés, d'où viendra-t-il, et pour chercher quoi ? Alors les staistiques pourront éclairer des discours politiciens.

Olivier COLLET