Tours

Adieu à toi, le saule pleureur de la guinguette

Nécrologie d'un arbre qui a beaucoup compté dans la vie locale.

Tu as résisté aux crues de la Loire, aux ivrognes, aux décibels, aux canicules, aux grosses tempêtes... Tu as supporté la sécheresse, les déluges, la fumée des barbecues, la poussière des travaux... Et il aura fallu une bourrasque pour te mettre à terre un lundi de Pâques, alors que l'on aurait bien caché des oeufs à tes pieds pendant de nombreuses années. Tu as plié alors que l'Indre-et-Loire n'avait même pas été placée en vigilance orange par Météo France ! Un coup du sort.

Sans toi, ton voisin est orphelin. Vous étiez branche contre branche depuis tant d'années, une centaine dit-on. Mais ces derniers mois ta maladie avait pris le dessus. Ton euthanasie avait même été programmée. Tu t'es effondré tout seul avant que l'on ne t'assène le coup de grâce. Ce mardi après-midi, les services techniques de la mairie de Tours avaient déjà dégagé le terrain autour de ta souche, ne laissant qu'un rond de bois. Un touriste du passage n'y verrait que du feu (façon de parler).

Et pourant, quand les beaux jours reviendront, quand la guinguette s'installera ici au pied du Pont Wilson, c'est sûr que tu manqueras à beaucoup. Tous les parasols du monde ne pourront pas remplacer ton ombre frissonnante, au gré de la bise de Loire. Les places seront chères sous ton congénère, on l'appellera désormais le survivant.

En 2016, les quais de Loire perdent un peu de leur singularité, un bout de verdure qui laisse le béton apparent. Alors que le ciel se fait de nouveau menaçant, une mère et sa fille s'arrêtent sur tes racines. La jeune femme explique sans doute à son enfant qu'ici même elle a flirté, rigolé, bu, mangé, dansé, chanté, rêvé... Heureusement elle pourra toujours le faire, car la nature finit toujours par reprendre ses droits, tout comme la nature humaine.

RIP à toi le saule pleureur.