Tours

Chargé de symboles, le nouveau logo de Tours est arrivé

Il remplace la tour et son arc-en-ciel imaginés en 1987.

Demandez aux gens dans la rue si le changement de logo de la Ville de Tours les intéresse, il y a peu de chances pour que l’on vous dise oui. Et pourtant, c’est une information importante. Parce qu’elle en dit beaucoup sur la stratégie de communication de la ville ou encore sur ses priorités politiques. C’est pour ça qu’il y avait du monde à l’Hôtel de Ville de Tours ce mardi. Pour découvrir ce visuel que l’on va voir partout dans les prochaines années : sur les affiches, les voitures, les cartes de visite, le papier à lettres… Fini la tour carrée et son arc-en-ciel place donc à l’image que vous voyez ici : l’inscription Ville de Tours dans une police noire sans aucune fantaisie et un U surmonté de trois petites vagues de couleur : une verte, une sable et une bleue.

Il faut dire aussi qu’il y avait une attente après le fiasco du début de l’année, quand 4 dessins hyper simplistes avaient été présentés sans convaincre personne. Alors le nouveau, est-il beau ? Laid ? Dynamique ? Simpliste ? Chacun se fera son propre avis, on a déjà tout entendu à son sujet. En tout cas à la mairie, on met en avant son côté symbolique et fonctionnel. Le vert représente la nature, le sable c’est pour symboliser la pierre – et notamment le tuffeau – et le bleu, c’est la Loire, évidemment. Quant à l’alliance des trois, c’est pour suggérer la tour, qui reste un emblème. On n’oublie pas non plus le noir, encore plus présent, et qui reste une couleur importante de la ville, historique (on se souvient que dans les précédents projets de logos, il n’y avait que deux couleurs : noir et bleu. Voire que du noir).

Nécessitant pas loin de 9 mois de travail, ce nouveau logo a une nouvelle fois été élaboré en interne, par le graphiste de la ville Alexandre Saint Pol qui apprécie d’avoir cette fois eu du temps pour peaufiner son projet, entouré des élus et de 3 spécialistes : Eric Olivier, directeur de l’école de conception graphique Brassart de Tours ; Stéphane Terrien qui y est professeur et un communicant : Jérôme Crochet de l'agence Adfields. « Ce logo s’accompagne d’une charte graphique » détaille pour sa part l’adjointe à la communication Christine Beuzelin. C’est-à-dire que tous les documents de la ville ont été pensés pour lui : les cartes de visite, la décoration des voitures, les affiches d’événements, les enveloppes pour le courrier… Même les produits dérivés comme des crayons à papier, des t-shirts ou des mugs, plutôt élégants. En tout cas bien plus modernes que la tour grise élaborée en 1987 : « il y avait bien eu une réflexion sous la précédente mandature pour modifier le logo mais cela avait coûté 60 000€ sans aboutir » a souligné le maire Serge Babary après avoir précisé que ce logo-ci avait coûté 15 000€ pour le décliner, pas pour l’imaginer (vu qu’aucune sollicitation à des graphistes extérieurs n’a été faite), « et nous ne jetterons rien puisque nous avons volontairement attendu ce renouvellement pour faire des commandes de papier ou de cartes de visite ». Quant à la signalétique municipale (les panneaux des écoles par exemple), elle sera elle changée au fur et à mesure des besoins.

Ce que la ville espère avec ce nouveau logo moderne et aérien, c’est afficher son dynamisme, sa « Renaissance » dit le maire Serge Babary mais aussi renforcer sa notoriété. « Un logo ce n’est pas pour faire joli » nous dit-on, ça doit être efficace. Résultat : avant, la mention Tours était en tout petit. Maintenant elle est en très gros avec l’ajout des mots ‘ville de’ pour permettre notamment « une meilleure identification depuis l’étranger » explique Christine Beuzelin. Un logo auquel les Tourangeaux vont devoir s’habituer car il a été conçu pour durer dans le temps : « il est contemporain et intemporel » nous dit l’adjointe à la communication. Rendez-vous donc dans 30 ans pour savoir si il est toujours d’actualité ou si il aura été nécessaire de le changer à nouveau.

Olivier COLLET