Tours

Une journée sur le tournage du film Près de Moi, au bord de l’eau

Les Tourangeaux des films du Loup Blanc réalisent leur premier long métrage. Ambiance et images depuis les bords du lac de Rillé à Charnay-sur-Lathan.

10 kilos de perdus, quelques heures de sommeil par-ci par-là mais une motivation intacte et un sourire d’enfant : le corps d’Alex Guéry souffre mais la tête du jeune homme est pleinement opérationnelle (il fait même des blagues, quand il court en arrière dans les herbes avec sa caméra de 7 kilos par exemple). Depuis le 3 août, il a en effet débuté le tournage de son premier long métrage, Près de Moi. Un film, disons même un thriller psychologique, tourné en Touraine, avec une petite équipe de Tourangeaux, en particulier les acteurs.

« On a un petit budget notamment monté grâce à un financement participatif sur Internet donc on a par exemple réussi à tourner gratuitement dans tous les lieux que l’on souhaitait filmer » explique Adèle, la directrice de production et également petite amie du réalisateur à qui elle a offert un fauteuil de « boss » à son nom avec ses collègues : « on lui a apporté un jour juste avant le début du tournage, il a juste dit ‘c’est fabuleux’ » raconte la jeune femme, admirative. Un peu plus tard, le réalisateur lui apportera un pissenlit entre deux prises. Il s’attache aux détails.

25h de rushs tournées en 4 semaines

Après deux jours au Musée des Beaux Arts de Tours, ce mercredi c’est dans un gîte ornithologique construit sur les rives du lac de Rillé à Charnay-sur Lathan que l’on retrouve la dizaine de personnes qui travaille sur le projet. Les Loups Blancs bien sûr (Alex, Geoffroy, Adèle) mais aussi Viviana Mattei et Yvon Carpier (deux des acteurs), Nicolas Miljeu l’ingé son de Vouvray, Pauline Pécheux (scripte), Corentin le monteur et « best boy » (« l’homme à tout faire » plaisante Adèle), Patrick le régisseur, un contributeur… et même les enfants d’Yvon qui s’amusent à tenir le clap au début des scènes (et ce n’est pas si simple, il y a une vraie importance à bien le faire claquer pour synchroniser le son et l’image. Ca a déclenché une longue discussion entre les techniciens, d’ailleurs).

La mission du jour : tourner des scènes plutôt placées vers la fin du film. Pas de dialogue mais des émotions. Quelques accessoires (dont une pelle), un petit tour dans les fourrés… Cette partie du scénario assez importante ne prendra sans doute pas plus d’une minute à l’écran au final. Mais il a fallu plus de 3h pour la tourner avec les aléas de la nature : le Soleil, le vent… ou les passages d’avions qui obligent à suspendre les caméras car leur bruit est trop fort. Chaque détail compte. Et même une prise bonne peut avoir un défaut dont on ne se rend compte qu’après coup. « Du coup Alex les double toujours, au cas où » précise Adèle avant de partir s’occuper du déjeuner, toujours un moment convivial : « une pizza, une quiche faîte par la propriétaire du gîte, une salade de riz, des fruits… »

« Une équipe formidable, des acteurs merveilleux »

Près de 4 semaines après le premier clap et avec déjà 25h d’images, Les Loups Blancs ont un peu de retard sur le planning mais sont plutôt dans les temps. Les caprices de la météo ont notamment contrarié quelques plans et il faut parfois changer le programme du jour au lendemain en fonction de la disponibilité d’un lieu, d’un matériel (comme les drones utilisés pour le générique ou certaines scènes avec les acteurs) ou du décor recherché. « En général on tourne en journée du lundi au mercredi puis de nuit le jeudi et le vendredi. De 22h à 5h30 du matin » précise encore Adèle.

C’est au Château de Jallanges de Vouvray que se déroule le plus gros de l’action. Cette maison d’hôtes sera la demeure d’Anna (Viviana Mattei), une mère traumatisée par la disparition soudaine de sa fille et à qui l’on révèle qu’elle est décédée dix ans plus tôt. C’est alors une folle enquête qui commence, et dont le montage devrait être achevé début 2016, afin d’être éventuellement sélectionné dans des festivals.

Olivier COLLET / Photos : James TECHER

Viviana Mattei : « d’origine italienne, ça fait trois ans que j’habite en Touraine, à Amboise. J’y suis arrivée par amour. C’est un ami qui m’a parlé du casting. Je l’ai passé sans avoir vu le scénario. Anna est une mère très attachée à sa fille mais celle-ci va disparaître. Elle vit alors un vrai drame et rentre dans une grande anxiété. C’est une femme très décidée, pleine de force mais fragile. Elle n’a qu’un objectif : retrouver sa fille. J’ai vite ressenti des choses et je les ai amenées avec moi dès le casting. J’ai tout de suite compris qu’Anna était un personnage particulier, ça m’a touché tout de suite. C’est mon premier premier rôle au cinéma même si j’en ai déjà eu au théâtre. C’est un tournage très cool, détendu. C’est une petite équipe puissante. Chaque jour il y a quelque chose d’étonnant. »

Alex Guéry : « Viviana est formidable, merveilleuse. Elle est presque de tous les plans. Et maintenant elle connait presque mieux le personnage que moi. Et elle a aussi demandé à garder les vêtements qui servent de costumes. Sur ce tournage on a vraiment une équipe motivée et motivante. Il y a bien sûr des hauts et des bas, des coups de pression mais on s’entend bien ce qui nous pousse à aller toujours plus loin. Ca fait 17 ans que j’attends ça. Je ne regrette rien. »