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Gilets jaunes : un retour aux actions après les manifestations ?

Le mouvement va-t-il changer de stratégie ?

 L'Acte XIV des Gilets jaunes a montré un certain essouflement du mouvement à Tours. Ce samedi 16 février, le nombre de manifestants est en effet redescendu à quelques 500 personnes qui ont marché dans le centre-ville de Tours avant de se disperser place de la Liberté pour des actions en dehors du centre-ville.

Une nouvelle façon d'opérer, "un retour aux bases du mouvement" explique un "Gilet jaune", décidé en assemblée générale la veille. Oui car si d'un côté le mouvement semble ralentir, de l'autre les plus impliqués le structure, notamment à travers les assemblées générales qui se tiennent la semaine. "On voit que les manifestations du samedi ne suffisent plus, il faut que l'on trouve d'autres moyens d'actions" poursuit notre interlocuteur.

Dans les rangs du cortège ce 16 février, certains évoquent ainsi une réoccupation des ronds-points, d'autres des actions coup de poing ciblées... Ce samedi, c'est une opération péage gratuit qui a été décrétée. Une centaine de manifestants a ainsi quitté le centre-ville pour partir à Chambray sur le parking du Décathlon. Une première étape pour attendre le retour d'un éclaireur. "C'est bon il n'y a pas de fourgons" dit ce dernier à son retour. Tout le monde prend alors la direction du péage de Veigné, sur l'A85. Quelques dizaines arrivent vite sur place, tandis que d'autres se perdent en chemin. Les barrières de péage sont démontées et les caméras obstruées par du scotch afin de laisser passer les automobilistes gratuitement. "On ne casse rien" précise un "gilet jaune".

Rapidement des gendarmes arrivent sur place également. Finalement les Gilets jaunes repartent au bout d'une grosse demi-heure sans animosité. "Il faut qu'on fasse plus d'actions comme ça" résume l'un d'eux, "mais il faut être plus nombreux".

Seulement ce mode d'opérations ne convient pas à tout le monde. Ce samedi, parmi les manifestants présents en début d'après-midi, une partie a ainsi refusé de suivre le mouvement préférant retourner place Jean Jaurès. Une partie du mouvement plus virulente qui a fini par allumer des feux avenue Grammont non sans heurts avec les forces de l'ordre en fin d'après-midi.

Dans un mouvement qui reste nébuleux et qui refuse une organisation claire, il paraît compliqué de contenter et de rassembler tout le monde. Et ce malgré le risque d'essouflement...

 Mathieu Giua