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Parçay-Meslay : plus de repreneurs pour l’IFRAC donc 57 salariés licenciés

L’organisme de formation cessera ses programmes dès vendredi.

Il s’en passe des choses en deux semaines… Fin novembre, on vous racontait l’histoire de l’IFRAC, organisme de formation de chauffeurs routiers basé à Parçay-Meslay et qui dispose également de 3 autres centres dans la région Centre-Val de Loire. En délicatesse financière, l’entreprise aux 57 salariés (dont 38 en Indre-et-Loire) avait été placée en redressement judiciaire puis en liquidation avec poursuite d’activité par le tribunal de Tours. Lors de l’annonce de cette décision, l’optimisme était de rigueur : deux repreneurs s’étaient manifestés, dont un originaire d’Eure-et-Loir qui comptait reprendre une partie de l’équipe.

Ce scénario du moindre mal est aujourd’hui à la poubelle comme nous l’explique le délégué CGT Marc Bougaut : « le repreneur de Dreux est venu la semaine dernière pour rencontrer les personnels. Cela s’est bien passé mais le 4 décembre on a appris qu’il nous lâchait car il avait été inquiété par les éléments financiers. » Selon le syndicaliste, 1,9 millions de prestations non réalisées et donc non justifiées ont été inscrites dans les comptes : « nos dirigeants parlent d’une erreur d’imputation… Même si c’est vrai, 1,9 million c’est beaucoup ! »

La fin officielle de l’IFRAC annoncée pour le 7 janvier

Suite à ce constat, le repreneur potentiel est allé voir le tribunal de commerce pour dire qu’il retirait son offre, se disant déçu car il avait confiance dans le personnel. Dans la foulée, l’autre candidat (qui voulait reprendre les locaux et à peine 4 salariés) renonçait également faute d’accord sur le montant des loyers des bâtiments.

La justice ne peut que prendre acte de ces décisions. La conséquence est évidente : elle prononce la fermeture définitive de l’IFRAC. A Parçay-Meslay, les salariés se sont réunis mercredi pour faire le point sur la situation : « on va arrêter les formations vendredi, celles prévues du 10 au 30 avaient déjà été annulées et pour les plus longues qui se terminaient en janvier on a dit à la région qu’on ne pouvait pas les assurer » liste Marc Bougaut. 30 à 40 personnes étaient encore en cursus ces derniers jours sur le site tourangeau, le seul qui restait en activité.

Des espoirs de retour à l’emploi pour les salariés

Si les cours vont s’arrêter, une dizaine de membres du personnel vont tout de même gérer les affaires courantes jusqu’au début du mois de janvier, tandis que les autres resteront à domicile jusqu’à la cessation d’activité effective de l’entreprise : « on va se mobiliser la semaine prochaine pour pouvoir présenter les gens qui doivent passer le permis à l’examen et mettre à jour les dossiers » explique Marc Bougaut, qui décrit une équipe scindée en deux, partagée entre l’abattement et la volonté de terminer le travail de la meilleure manière possible.

Pour l’avenir, le représentant de la CGT ne se montre pas trop inquiet : « il y a un marché, des besoins de formations qui doivent être satisfaits. Certains organismes ont du mal à trouver du personnel et puis on a des locaux qui peuvent servir. Il y a une petite espérance pour que des entreprises qui n’ont pas voulu s’engager dans la reprise dans le cadre du redressement veuillent les récupérer et réembaucher des salariés de l’IFRAC » estime-t-il. En revanche, le projet de SCOP (société coopérative dont tous les salariés sont actionnaires) un temps sur la table ne serait plus à l’ordre du jour.

Olivier Collet