Tours Agglo

Druye s'organise contre la venue de Primagaz

Des habitants de la commune ont écrit à Nicolas Hulot.

Ça fait partie des dossiers épineux que la métropole de Tours a à gérer en ce moment : le déménagement du gros des activités de Primagaz. Actuellement installée sur la commune de St-Pierre-des-Corps, l'entreprise ne peut pas y rester pour des raisons de sécurité (elle doit quand même y garder des bureaux). Une nouvelle implantation de ses activités de stockage de gaz est envisagée à Druye, un transfert à 6 millions d'euros prévu pour aboutir d'ici 2021.

Oui mais voilà, à Druye, on ne l'entend pas de cette oreille. Des riverains s'inquiètent des dangers potentiels de l'usine près de l'A85 et de la voie ferrée ainsi que de la hausse du trafic des camions. Ils ont donc débuté une mobilisation il y a plusieurs mois via un collectif qui s'est désormais transformé en association : Bien Vivre à Druye.

Une réunion publique est annoncée ce jeudi 21 septembre à partir de 20h30 à la salle des fêtes de la commune. Une lettre de 7 pages a aussi pris la direction du bureau de Nicolas Hulot, au ministère de l'environnement. En voici de larges extraits :

"Monsieur le Ministre,

Suite à l’évolution des normes de sécurité, le PPRT de Saint-Pierre-des-Corps a été revu. La mesure supplémentaire retenue est le déménagement des activités à risques de Primagaz. Lors de la réunion publique du 23 mars 2017, la population de Druye a été informée que le conseil communautaire de Tours Métropole envisageait l’implantation d’un relais vrac de 400 m3 sur un terrain appartenant à l’État et situé sur la commune de Druye, entre l’autoroute A85 et de la ligne SNCF Tours-Chinon.

(...) Les différents renseignements obtenus par un groupe de travail mettent en évidence que l’aspect sécuritaire du projet, ainsi que les nuisances engendrées pour les riverains et le bourg ont été largement sous-estimés. De plus, ce transfert sera financé à hauteur des 2/3 par l’État et les collectivités locales, ce qui nous parait contestable pour une activité privée sur le déclin utilisant une énergie fossile.

(...) le site retenu est classé en zone agricole (d’après le PLU en vigueur). De nombreuses habitations se trouvent à proximité du site (73 habitations dans un rayon de 1 000 m). D’autre part, la parcelle retenue se situe à la croisée de l’autoroute A85 et de la ligne ferroviaire Tours-Chinon (la cuve serait localisée à environ 140 m de l’une et de l’autre). (...) un périmètre de sécurité d’un rayon de 300 m nous a été présenté. Au regard des retours d’expérience du BARPI, nous émettons des réserves quant à la pertinence de ce périmètre. En effet, lors du BLEVE du camion-citerne rempli à 64% de propane sur le site de Port-la-Nouvelle (accident du 27/07/2010), des bris de glace ont été projetés jusqu’à 700m et des éléments de la citerne ont été retrouvés à 150 m. Est-il alors raisonnable de ne retenir qu’une distance de 300 m pour garantir la sécurité des riverains et des usagers de l’autoroute et de la voie ferrée ?

(...) D’autre part, pour le ravitaillement et la distribution du gaz, il est annoncé 15 camions par jour (soit 30 passages) : 13 camions-citernes de livraison et deux gros porteurs pour le ravitaillement. Pour desservir ce site une sortie d’autoroute supplémentaire (à 3 km de deux sorties déjà existantes : Villandry et Druye) est prévue et déboucherait devant l’entrée d’une exploitation agricole et sur une route de campagne. La largeur de cette route et de son pont ne permet pas à deux voitures de se croiser et encore moins à un tracteur et un camion-citerne. Cela va générer des difficultés de circulation et des risques d’accidents pour les usagers de la route et les agriculteurs. Ce risque est-il bien pris en compte dans le projet ?

(...) 10 ha sont-ils nécessaires pour 400 m3 (sans embouteillage ni stationnement de camion) alors que seulement 7 ha étaient nécessaires à Saint-Pierre-des-Corps ? (Stockage de 5000 m3, embouteillage, stationnement et bureaux). En parallèle, on pourrait craindre l’émergence d’une zone industrielle sur les parcelles agricoles avoisinantes qui attirerait des activités à risques de par la présence d’un site classé SEVESO.

(...) Pour des raisons de sécurité, le site sera éclairé toute la nuit (sans aucune présence humaine) ce qui sera nuisible aux nombreuses espèces nocturnes observées dans le voisinage (chouettes hulotte, chouettes effraies, chouettes d’Athéna, chauves-souris…)."