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Economique et écologique : les promesses de la chaufferie biomasse de Joué-lès-Tours

La construction de cet équipement à 22 millions d’euros va débuter au printemps pour chauffer la moitié de la ville dès 2019.

La blague était facile, et tous ceux qui ont pris la parole lors de la pose de la première pierre de la future chaufferie biomasse de Joué-lès-Tours ont sauté sur l’occasion à pieds joints : « aujourd’hui il fait froid mais bientôt ici on apportera de la chaleur. » Le vent fouette, la pluie tombe et le micro a été rapatrié sous la tente. Les photos sont donc beaucoup moins belles qu’espérées pour ce qui est pourtant un événement symbolique sur le territoire de la 2ème commune d’Indre-et-Loire : le site de l’entreprise Michelin s’apprête à revivre en partie avec l’installation d’un premier « voisin » du fabricant du pneu, soit le premier projet (d’une longue série, nous assure-t-on sans en dire plus) pour revitaliser ce lieu vidé d’une grande partie de son activité suite au plan social retentissant qui a entraîné la suppression de 700 postes il y a environ 3 ans.

Sur le grand terrain vague boueux quelques briques (bleu-blanc-rouge !) sont posées là pour la cérémonie. Dans un peu plus de deux ans, si tout va bien, une grande chaufferie au bois se dressera à cet endroit, un équipement capable d’irriguer toute la Jocondie en chaleur (la Rabière, le Morier…) afin de remplacer l’actuelle chaufferie au fioul trop polluante. Ce projet à 22 millions d’euros (16 pour la chaufferie et 6 autres pour les réseaux de transports de chaleur) est entièrement financé par Dalkia (une entreprise du groupe EDF). Ce n’est pas la première chaufferie du genre dans l’agglomération tourangelle (il y en a par exemple une autre à St-Pierre-des-Corps et une petite aux Deux-Lions), mais son ampleur sera inédite, le maire de Joué-lès-Tours Frédéric Augis envisage même qu’un jour elle puisse être raccordée au CHU Trousseau pour le chauffer lui aussi.

A son rythme de croisière, la chaufferie biomasse du site Michelin brûlera 17 000 tonnes de bois à l’année, voire 20 000 à l’horizon 2023, de quoi alimenter en chaleur et eau chaude la moitié de la ville. Du bois garanti « durable », provenant de forêts « locales » (soit à une centaine de kilomètres à la ronde), ce plan d’approvisionnement ayant été validé par l’ADEME, l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie. Puissance de l’équipement : 9MW, avec en plus l’expérimentation d’un procédé pour l’instant unique en France : le condenseur thermodynamique. En résumé, c’est un dispositif qui permet aussi de récupérer l’énergie de chaleur présente dans les fumées, donc de faire encore plus d’économies de matière première. L’ensemble devrait permettre une réduction de la facture de chauffage des Jocondiens de 5% soit jusqu’à 55€.

En matière d’écologie, l’ambition affichée par les porteurs de projet est de faire baisser les émissions de CO2 de 25 000 tonnes par an sur Joué-lès-Tours, grâce donc à ces deux chaudières biomasse. 17 emplois seront nécessaires pour gérer l’activité (entre l’approvisionnement hebdomadaire et le fonctionnement de la chaufferie). Le vrai coup d’envoi des travaux est prévu dans le courant du printemps, en principe autour du mois de mai. 

Olivier COLLET

Photo de Une : agence d'architecture L'Atelier du Moulin.