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Joué-lès-Tours veut être la locomotive de l’agglo

Subventions en hausse, pas d’augmentation d’impôts, installations de commerces… La 2ème ville d’Indre-et-Loire affiche des ambitions toujours plus fortes.

A Joué-lès-Tours en ce moment, le maire a les deux bras dans le plâtre. En revanche, à l’écouter, sa ville semble loin d’être handicapée. « Ne faîtes pas d’acrobaties, ça peut mal finir ! » lance Frédéric Augis au début de ses vœux ce mardi soir à l’Espace Marlaux. Ca vaut pour l’homme comme pour l’élu. Et si le premier est diminué, le second s’affiche ostensiblement comme étant au mieux de sa forme, en mode VRP. Egalement patron du parti Les Républicains d’Indre-et-Loire et cité comme président potentiel de la future métropole de Tours en cas du départ de l’actuel président Philippe Briand, il se doit de montrer l’exemple… Voici comment il s’y est pris …

Pour se faire bien voir de la population, il y a des mots magiques. « Il n’y aura pas de hausse des impôts en 2017 » ça marche bien par exemple. Ajoutez-y la mention « et jusqu’à la fin du mandat » comme Frédéric Augis et vous obtiendrez un nombre de sourires encore plus grand. Ce qui peut aussi apporter un bon point c’est ce genre de phrase pas très à la mode ces dernières années : « nous allons proposer une hausse de 1% des subventions pour aider les associations », tout en ayant insisté auparavant sur le fait que la ville touchait moins d’argent de l’Etat (baisse des recettes d’1,2 million d’euros) mais que cela n’empêchait pas la dette de diminuer (elle représente 500€ par habitant).

Le maire de Joué caresse dans le sens du poil, et insiste sur une préoccupation majeure de beaucoup d’habitants : la sécurité, « la première de vos libertés. » Et pour ça, il y a de l’argent : 7 policiers municipaux supplémentaires en 3 ans, et encore 4 postes en plus annoncés pour 2017 afin d’atteindre 33 agents. Tout ça pour avoir une « proximité » avec chaque habitant. (Aparté : C’est toujours intéressant d’entendre les mots « police » et « proximité » prononcés côte à côte par un élu de droite, sachant que c’est la droite qui a supprimé la police de proximité au niveau national.)

Autre investissement sécuritaire : des caméras de surveillance. Après les 12 installées en 2016, 15 sont prévues pour 2017 « avec une sécurisation accentuée aux abords de nos écoles » promet Frédéric Augis qui veut en plus promouvoir le dispositif de voisins vigilants dans les quartiers pour lutter contre les cambriolages. La Vallée Violette sera notamment concernée.

« Nos investissements sont maîtrisés car planifiés » lâche encore le maire de Joué-lès-Tours, à deux doigts de réutiliser son expression préférée bien qu’un peu dépassée d’une gestion « en bon père de famille ». « Notre futur est réjouissant et prometteur » dit-il encore avant de lister l’agenda : l’ouverture imminente d’un service d’accueil et d’écoute « pour un suivi des demandes des habitants quel que soit le service concerné », l’inauguration du chantier de la chaufferie biomasse sur l’ex site Michelin le 3 février (en attendant la revitalisation de 23 autres hectares), les 20 ans du festival Les Années Joué en juin (avec l’annonce d’une première compagnie reconnue : Generik Vapeur), la suite de la rénovation du centre-ville (débutée avec la réfection du parvis de l’église et qui s’achèvera en 2018 Place du Gal Leclerc), l’arrivée de nouvelles enseignes comme Carrefour Market ou Stéphane Plaza Immobilier…

« Peu à peu, nous redessinons le commerce » plaide encore Frédéric Augis qui a fait de la redynamisation du secteur commerçant de la ville une de ses priorités avec l’achat d’espaces et l’accueil de nouvelles enseignes (15 en 2016). Il en a profité pour garantir l’ouverture d’un magasin Leclerc au sud de la ville, après des années de statu quo pour ce projet : « les fouilles ont débuté et les travaux devraient démarrer d’ici la fin de 2017. » Ils s’inscriront dans un projet plus vaste dans ce secteur : « j’entends que le projet est embourbé mais non. Nous avons seulement demander à l’aménageur de retravailler son dossier et les discussions sont en train d’aboutir » garantit l’élu promettant une présentation rapide des détails.

Signalons aussi que Frédéric Augis a paraphrasé l’ex 1er ministre (PS) Manuel Valls : « oui, nous aimons les entreprises. » Un discours appuyé sur l’exemple de la Liodière : « on a dépassé les 1 500 emplois pour une soixantaine d’entreprises avec les installations récentes de Farman ou Drone Contrast. » En parallèle, le maire assure vouloir continuer à capitaliser sur l’agriculture sur sa commune disposant « de la surface agricole la plus importante de la métropole. » Plus globalement, il promet de ne pas « bétonner » à outrance pour garantir « l’équilibre urbain. » Et espère obtenir la 4ème fleur au concours des villes et villages fleuris. Il parait que c’est le genre de titre qui assure des voix, aurait-il tort de s’en priver ?

Olivier COLLET