Tours Agglo

Au CTHB, « l’objectif c’est le maintien en LFH »

Les handballeuses tourangelles débutent leur saison samedi soir contre Dijon. Un moment historique pour le club.

"Il faut que ce groupe mûrisse et grandisse ensemble" lâche Guillaume Marques, l'entraîneur des filles du Chambray Touraine Handball. Le mot le plus important dans cette phrase, c'est bien sûr ensemble. L'homme et ses joueuses se préparent pour ce qui est sans doute la saison la plus importante du club, sa première en première division, la LFH. Tout ça dans un contexte très positif pour le hand, qui a brillé aux derniers JO avec une médaille d'argent inédite pour l'équipe de France féminine. Ce groupe dont Guillaume Marques parle, il le suit depuis un bon moment déjà. Il connait ses forces et ses faiblesses, il a vu son évolution.

Cette année, Chambray s'est musclé, avec des joueuses internationales (Mouna Chebbah la Tunisienne, par exemple) et de grands espoirs comme Nely Carla-Alberto. "On ne veut pas qu'être en LFH, on veut y avoir un rôle" poursuit l'entraîneur qui fait néanmoins preuve "d'une grande humilité" : "on a fait un recrutement de qualité mais les autres ne nous ont pas attendu non plus. Il va falloir qu'on s'adapte, qu'on voit comment on réagit. Nous sommes en rodage mais je ne suis pas inquiet sur l'état d'esprit, ce sera notre force. On a une belle marge de progression. On peut faire de belles choses ensemble."

L'état d'esprit, on en goûte un extrait en interviewant Stella Baudoin, la capitaine de la bande. Derrière, la gardienne Linda Pradel danse à n'en plus finir. "On n'est pas difficile niveau intégration..." se marre la joueuse, qui dit les choses avec légèreté et sérieux : "accéder à la LFH c'est historique, mettre son nom sur cette page d'histoire pour le club ça fait plaisir car on est venu pour mener à bien ce projet. L'objectif maintenant c'est le maintien le plus vite possible, pérenniser le club en LFH, l'emmener le plus loin possible avec ou sans nous plus tard. Le recrutement a été fait pour ça."

Mais avec une seule victoire dans sa préparation (30-26 contre Fleury-les-Aubrais vendredi dernier), le CTHB n'est pas forcément au mieux de sa forme : "on a des petits pépins physiques, on va commencer amoindries, alors on essaie d'être plus solidaires, plus investies, d'avoir plus d'engagement. Il va falloir tout donner, prendre les matchs les uns après les autres, ne pas mettre la charrue avant les boeufs. Il y a des équipes quasi intouchables mais si on fait ça c'est aussi pour jouer ces équipes-là" lance Stella Baudoin, en mode conquérante.

Sur le banc, Blandine Dancette regarde tout ça avec envie. C'est la recrue phare de Chambray pour cette saison. L'aillière internationale, partie à Rio avec les bleues, mais blessée au Brésil. Elle est fière, heureuse, a passé "deux mois au top" dans "un petit cocon". Mais aujourd'hui, la frustration domine : "je n'arrive pas à réaliser que je vais me faire opérer à Bordeaux et que je ne vais pas pouvoir jouer de la saison. Cette blessure c'est plus grave que ce que je pensais. Ca tombe la mauvaise année, pendant les jeux, l'année où j'arrive dans un nouveau club... C'est difficile à digérer. Heureusement les filles sont là, elles ont prouvé qu'elles sauraient se montrer présentes sur le terrain, elles a=ont les capacités pour faire quelque chose. De mon côté j'essaierai de venir pour chaque match à domicile même si je vais devoir aller dans plusieurs centres pour ma rééducation."

Ce mercredi soir, le CTHB organisait sa soirée de rentrée annuelle. Un ultime moment de détente dont nous vous proposons les images ci-dessous avant le début des choses sérieuses. On les attend maintenant sur le nouveau terrain de la Fontaine Blanche samedi soir, ce sera à 20h30 et face aux Dijonnaises : "pas un bon tirage" pour Guillaume Marques qui aurait préféré aller tenter l'exploit à l'extérieur sur une grosse écurie manquant de préparation à cause de l'absence estivale des joueuses internationales. Mais Chambray est un club de défis, et finalement ce n'est pas mal aussi de se trouver tout de suite devant un mur. Ca donne le ton.

Olivier COLLET / Photos : James TECHER