St Avertin

LGV TOURS-BORDEAUX : Les premiers trains d'essai arrivent en Touraine

Mais les voyageurs ne pourront prendre le TGV qu'en juillet 2017.

La dernière année est la plus longue. On le voit par exemple en circulant sur l'A10, le chantier de la future ligne à grande vitesse reliant Tours à Bordeaux est terminé. Les rails sont posés, les caténaires aussi. Mais les trains n'y circulent pas encore. Ce n'est plus qu'une question de jours. En revanche, il n'y aura pas de voyageurs à l'intérieur, seulement des techniciens. Pour faire Paris-Bordeaux en 2h05 il faudra patienter jusqu'au 2 juillet 2017. Et alors seulement Tours se rapprochera de la Gironde.

Que va-t-il se passer entre St Avertin et le sud du département ? D'abord ce jeudi 1er septembre, on va commencer à faire circuler l'électricité dans les caténaires. 25 000 volts dans les câbles. Avec une telle puissance, il y a un danger d'éléctrocution à 3m à la ronde. Ensuite, un train diesel va commencer à circuler sur les rails pour tester la géométrie de la voie. Puis, un wagon capable de simuler la consommation électrique d'un TGV lancé à pleine vitesse fera le même parcours pour vérifier que tout va bien de ce côté-là.

Une fois ces deux étapes franchies avec succès, c'est un TGV aux couleurs de la SNCF qui va prendre le relais. Il commencera par rouler à environ 100km/h puis augmentera progressivement sa vitesse pour atteindre 320km/h (sa vitesse commerciale) et même 352km/h (ce que l'on appelle la survitesse). Ce processus d'essai est déjà entamé sur un autre tronçon de la LGV, celui qui va de la Vienne à la Charente. L'Indre-et-Loire est donc deuxième sur la liste, puis les tests se feront entre la Charente et la Gironde. Ils se poursuivront jusqu'à Noël avant le début d'essais sur l'ensemble de la ligne en janvier 2017, leur objectif sera de vérifier que les temps de parcours annoncés sont corrects.

La rame à deux étages utilisée pour ces essais est un concentré de technologie. Elle est bardée de capteurs et de matériel informatique qui analysent ses réactions lorsqu'elle circule. Depuis l'accident survenu lors des essais de la nouvelle LGV alsacienne en novembre dernier (14 morts suite au déraillement d'un train qui avait freiné trop tard), un nouveau logiciel sera testé, il est capable de faire ralentir le train automatiquement si le conducteur tarde à faire la manoeuvre.

La dernière étape est attendue au printemps 2017 : les conducteurs SNCF qui seront amenés à utiliser cette ligne au quotidien seront formés par les équipes du concessionnaire privé propriétaire de la LGV (ça, c'est nouveau, avant les lignes étaient directement gérées par des sociétés publiques). Puis, le 2 juillet - et avec un mois d'avance - vous et moi pourront prendre le train à plus de 300km/h entre Tours (enfin, St-Pierre-des-Corps) et Bordeaux.