Portraits

Corinne Orzechowski : dame de fer, d’expérience et de terrain

Arrivée en Touraine lundi, la nouvelle préfète d’Indre-et-Loire fixe sa feuille de route.

Corinne Orzechowski est du genre à aller à l’essentiel… Directe, efficace, pugnace, la nouvelle préfète d’indre-et-Loire, première femme à ce poste dans le département, a l’habitude de la communication et elle sait faire passer un message. On sent aussi qu’elle a le sens de la petite phrase : « je suis une veille préfète » note-t-elle pince-sans-rire à l’évocation de son CV qui débute en 1985.

A 58 ans, l’ancienne représentante de l’Etat en Mayenne ou en Sarthe a eu plusieurs vies. Parmi ses faits d’armes : des passages par des cabinets ministériels (elle a travaillé avec Guillaume Garot à l’agroalimentaire sous François Hollande, se retrouvant aussi en lien avec le ministre Stéphane Le Foll). Corinne Orzechowski a par ailleurs passé 6 ans à la SNCF, dans le domaine du fret, et elle explique avoir « une sensibilité européenne » eu égard à son poste de conseiller transport à Bruxelles ou de directrice des affaires européennes de la SNCF. Si elle ne connait pas trop la Touraine malgré des visites dans les châteaux de la Loire, cette Lilloise de naissance a travaillé à Orléans et a collaboré avec son prédécesseur Louis Le Franc depuis la Sarthe au moment de la crise du gel dans les vignes.

« Il faut connaître le territoire, les paysages et les gens »

Nommée il y a 15 jours mais officiellement en poste à Tours depuis ce lundi 30 octobre, « Madame la Préfète » (elle y tient « car la place des femmes a vraiment besoin d’être confortée ») a entrepris une grande tournée pour rencontrer les élus et les services, prendre ses marques, et se familiariser avec les dossiers chauds du moment.

Après les parlementaires, le maire de Tours ou les policiers, elle doit prochainement s’entretenir avec le maire de Joué-lès-Tours puis le président de Tours Métropole sans oublier le président du Conseil Départemental. De plus, elle a fait partir une lettre pour tous les maires en attendant des visites sur le terrain : « la journée, vous me verrez rarement dans mon bureau » prévient-elle, se disant adepte des visites longues, dans les entreprises, les communautés de communes ou les exploitations agricoles : « il faut connaître le territoire, les paysages et les gens. »

Fermeté sur la sécurité routière

Si les préfets ont tous la même mission à la base, chacun a son style… Depuis deux ans, Louis Le Franc semblait avoir réconcilié le tissu politique avec le corps préfectoral. Ferme mais disponible, futé, il a réussi à mener avec doigté le dossier de la création de la métropole ou la réforme des communautés de communes. Il a assisté à deux visites présidentielles, ou encore fait bonne impression dans sa gestion des crises, des inondations à la fermeture de l’usine Tupperware de Joué en passant par les difficultés des agriculteurs ou la polémique sur le centre de déradicalisation de Beaumont-en-Véron.

Corinne Orzechowski est désormais attendue au tournant pour que les liens ne se distendent pas. Il est trop tôt pour analyser son style, mais elle a donné quelques pistes sur sa méthode…

  • Priorités : la sécurité, « parce que l’on n’est à l’abri de rien » mais aussi « les plus démunis et les plus fragiles » ou encore le développement économique. Elle a également déjà entndu parler de la sécheresse ou de serpents de mer comme la dangerosité de la D943.
  • Tupperware : « je maintiendrai les prochaines réunions prévues sur l’avenir du site pour voir ce que l’on peut éventuellement faire. » La préfète a dans le passé géré d’autres dossiers chauds concernant l’emploi, notamment celui de l’abattoir Gad. Son expérience en entreprise pourrait être un atout.
  • Gens du voyage : « c’est un vrai sujet… Il faut un schéma départemental à jour et respecté. Dans ce cas, les services de l’État auront les moyens d’agir s’il y a des installations illégales. C’est un sujet compliqué à traiter avec les élus et le procureur. Mais il faut aussi travailler sur le vivre en commun, sur l’intégration de ces familles dans l’environnement départemental. »
  • Sécurité routière : « on ne travaille sur le long terme que si l’on fait de la prévention. Mais les problématiques de sécurité routière sont telles qu’il faut faire peur. Je crois à la répression, aux contrôles notamment. On peut par exemple inventer des contrôles multiples sur un même axe. Il faut marquer les esprits. » A noter que son prédécesseur avait tenté de lancer une charte « Label Fête » pour inciter les maires à s’impliquer dans la prévention routière… Un échec quasi-total.

Olivier Collet