Portraits

PRESIDENTIELLE : Les triplés de Chambray votent pour la première fois

Rencontre avec Alyssia, Kevin et Brian qui suivent la campagne de loin et estiment que les candidats ont oublié la jeunesse.

On n’a jamais été aussi proche du 1er tour de cette élection présidentielle de 2017. Dimanche, de 8h à 19h, les bureaux de vote accueilleront tous les Tourangeaux inscrits sur les listes électorales. Parmi eux, Alyssia, Kevin et Brian. Nés le 17 janvier 1999, ces triplés qui résident à Chambray-lès-Tours viennent tout juste de recevoir leur première carte d’électeur. Leur bureau de vote : la médiathèque de la commune. Nous sommes donc partis à leur rencontre pour évoquer un peu ce scrutin, l’ambiance de la campagne, leurs attentes…

Les 3 jeunes qui s’apprêtent à passer leur bac (ES, S ou bac pro, respectivement à Grandmont et Becquerel) ne sont pas forcément très bavards, ne connaissent par exemple ni le nom du député de leur circonscription (Jean-Marie Beffara), ni son parti (PS) mais ils sont sûrs d’une chose : que ce soit pour le premier ou le second tour, ils iront glisser un bulletin dans l’urne : « c’est un devoir, nos ancêtres se sont battus pour ça. C’est une question de légitimité et de respect. » Deux d’entre eux sont d’ailleurs favorables au vote obligatoire alors que l’abstention pourrait bien être très élevée lors de cette élection qui, d’habitude, motive les citoyens : « pour nous c’est une fierté ce 1er vote, on participe à la construction de la France. »

Alyssia et ses deux frères iront donc voter. Mais clairement ils n’ont pas encore fait de choix définitif et ne se passionnent pas vraiment pour la chose politique (hormis Kevin, plus au fait de ces questions de par son cursus scolaire – « les meetings, l’organisation d’une campagne, ça m’intéresse » dit-il – mais il n’a pas nécessairement réussi à entraîner avec lui Brian et sa sœur, n’en parle pas avec ses amis…) : « il n’y a pas vraiment de domaine qui nous passionne. Les candidats parlent beaucoup pour ne rien dire. On va quand même lire les programmes car nos choix ont des conséquences, mais ce sera tout. » Ils n’ont donc pas suivi les débats et s’informent surtout en famille, en regardant les JT de 20h, ou via les réseaux sociaux (en croisant leurs sources, pour éviter de tomber sur les fausses informations – fake news – de plus en plus présentes).

Kevin tente une analyse de la situation politique : « c’est une campagne serrée, ce n’était pas comme ça il y a 5 ans. Elle est intéressante, il y a des idées différentes de toutes parts, ça permet aux gens de se faire un avis. 11 candidats c’est beaucoup, mais c’est aussi bien pour voir émerger des idées, de constater que plusieurs se recoupent. Quant aux affaires c’est encore plus intéressant, ça montre que les politiques ne sont pas parfaits, que certains sont moins fiables que d’autres… C’est compliqué de donner notre confiance à ces personnes… Et forcément, dans nos choix, de côté moral va jouer un peu. Le président que l’on va élire, il représente la France. Mais on va aussi regarder si leurs projets sont réalisables car promettre, c’est une chose mais il faut aller jusqu’au bout. » Et d’ajouter : « il y en a, ce n’est quand même pas bien intéressant ce qu’ils racontent… »

Mais alors qu’attendent ces trois jeunes du futur président ? « Que la devise Liberté, Égalité, Fraternité soit respectée » dit Kevin avant d’ajouter : « certains s’en éloignent, quand même… » Il pense aussi beaucoup à la baisse du chômage, Alyssia espère plus de sécurité et Brian ne sait pas… Il a cependant une proposition qu’il aimerait voir adoptée : « interdire les aides pour mettre en avant le travail. Si on supprime les aides, les gens chercheront du travail pour gagner de l’argent. » En tout cas, tous s’accordent sur un point : « on n’a pas parlé de la jeunesse dans cette campagne. On ne se sent pas concerné. S’ils évoquaient le sujet, ça nous intéresserait davantage, ça ferait pencher la balance. »

Olivier COLLET