Portraits

Tournesol, colza, chanvre, amande… Il fabrique ses huiles bio en Touraine

Le nouveau projet d’un jeune homme de 27 ans.

Arrivé en Indre-et-Loire il y a 7 ans par amour, Julien Davaze s’apprête à vivre une nouvelle étape importante dans son existence : le lancement de sa marque d’huiles, Délices des Champs, qu’il présentera au public ce samedi lors de portes ouvertes dans sa maison lui servant également de site de production, à Beaumont-la-Ronce, près de Neuillé-Pont-Pierre.

A 27 ans, le jeune homme a toujours travaillé dans le domaine de l’agriculture. Originaire de la Sarthe, il a longtemps exercé dans les silos à grains mais a vite senti que ce n’était pas pour lui : « je voulais arrêter d’être dans la poussière et les pesticides en permanence, certains jours ça me faisait cracher du sang. » Ayant toujours eu envie de se mettre à son compte, il commence à chercher des terres, sans succès, « puis on m’a proposé l’idée de ne faire que de la transformation. J’y ai réfléchi pendant un an en parallèle de mon travail et j’ai fini par me lancer. »

Depuis fin juillet, Julien a donc quitté son emploi et développe sa nouvelle entreprise, autour des huiles… Fabriquer de l’huile dans notre région pleine de champs de céréales n’a rien d’extraordinaire, « alors j’ai cherché à faire quelque chose de différent en allant sur le bio mais aussi en proposant des huiles de chanvre ou d’amande. A terme je voudrais aussi vendre des huiles infusées ou aromatisées avec du thym ou du piment pour les pizzas. »

Sa matière première, le jeune transformateur va la chercher au plus près, « par exemple le chanvre vient du Loir-et-Cher. » Seules les amandes ne sont pas locales, il en a trouvé des bio en Corse. Ensuite il a installé chez-lui une machine pour presser ses huiles, « une seule pression à froid, dans l’objectif de garder la vraie couleur de l’huile. Il y a moins de rendement mais comme ça on garde tous les nutriments. Par ailleurs il n’y a pas de filtrage par des solvants qui détruisent l’huile. »

Au goût, Julien Davaze prévient : c’est différent… « Pour l’huile de tournesol, on a l’impression de manger du tournesol salé comme on en trouve parfois à l’apéritif. Je veux qu’on ait le sentiment de manger la graine. Ce sont des huiles faites pour l’assaisonnement, et pas pour la cuisson. » Par exemple l’huile de chanvre, loin d’être la plus répandue, se marie parait-il très bien avec une salade de tomates.

Avec son équipement, le fondateur de Délices des Champs a de quoi produire une centaine de litres d’huile par jour. Il propose ses produits en bouteilles de 250ml et espère convaincre rapidement les épiceries de la région avec des tarifs allant de 2€30 pour le colza et le tournesol à 9€ pour l’huile de chanvre (l'amande arrivera elle dans un second temps). Ses produits sont également déjà disponibles via La Ruche Qui Dit Oui en attendant un site de vente en ligne en 2017. Si son affaire marche bien, Julien espère se lancer un peu plus tard dans la production de farine (sûrement sans gluten) et dans l’idéal d’acquérir des terres pour produire ses propres céréales.

Olivier COLLET

Portes ouvertes samedi 17 décembre de 10h à 17h au 8 Clos du Plessis à Beaumont-la-Ronce (près de l’entreprise Ouvrade). Tél : 06 31 80 75 94.