Politique

François Hollande : courage, fuyons (et non pas Fillon) !

Le chef de l’État renonce à la présidentielle et laisse une France effritée.

C'est fou ce qu'en ce moment on nous sert le mot "surprise" à toutes les sauces : "surprise Trump", "surprise Fillon" et maintenant "surprise Hollande". Le président de la République ne brigue pas de second mandat, une première dans l'histoire de la Vème République. Il faut dire qu'il est impopulaire, tellement qu'on se demandait bien si des sondages d'opinion pouvaient tomber si bas. Des sondages qui se sont vérifiés dans la rue, notamment lors du dernier conflit autour de la loi Travail.

François Hollande conçoit qu'il ne pourra pas rassembler autour de lui. Ca faisait un moment que les observateurs de la vie politique s'étaient rendus compte qu'il n'y avait plus grand monde pour dire du bien de lui jusque dans son propre camp, et que plus le temps passait, moins on le respectait. François Hollande a non seulement été le président le plus détesté de l'histoire de France récente mais aussi le moins respecté. S'il a perfois tendu le bâton pour se faire battre (ses confidences aux journalistes du Monde ou ses escapades à scooter), il a aussi été victime d'une campagne désastreuse menée en grande partie sur Internet. On se souvient des railleries autour de ses cravattes de travers, de ses discours sous la pluie, de son poids, aussi). Quant le débat politique s'abaisse à ce niveau, c'est assez inquiétant pour la démocratie.Mais le peuple s'y est plus intéressé qu'au fond de son action.

François Hollande n'a pas eu le loisir de bien expliquer ce qu'il voulait faire de la France une fois arrivé au pouvoir. Parce que lui et son équipe sont mauvais en com', c'est certain. Aussi parce qu'il n'est pas très doué pour dire simplement ce qu'il a en tête dans un discours ou à la télé (c'est fou de contraste entre des réponses vagues et fleuve à des questions de journalistes et cette avalanche de petites phrases choc en off). Mais, au fond, le deuxième chef de l'Etat socialiste de la Vème République a surtout géré les crises : économiques, sécuritaires et internationales. Il ne s'en sort pas trop mal, d'ailleurs. Seule l'Histoire finira sans doute par le rappeler objectivement.

En revanche, il a échoué à résoudre la crise sociétale que subit la France. Le mariage pour tous est une formidable avancée... qui fait toujours autant débat. La loi Travail était faite pour repenser le Code du Travail, c'est un condensé de mesures a minima dont l'efficacité sera complexe à évaluer. Il a pensé à la déchéance de nationalité pour une réponse phare aux attentats, il a mis à mal la France multiculturelle...

François Hollande ne laisse pas un pays mal en point. Il laisse cependant une France déprimée et parfois déprimante. Ce n'est pas complétement sa faute (l'ère de l'intox sur le web et les débats de cour d'école décridibilisent encore plus la classe politique et médiatique qui semble faire semblant de s'en rendre compte), mais on ne peut pas dire qu'il ait arrangé les choses. Il faudra que son successeur s'y attèle, et ce sera ça le vrai courage. Pas sûr, par exemple, que ce soit dans les priorités de François Fillon...