Joué-lès-Tours

Violences à la Rabière : "Nous avons tous failli" selon Frédéric Augis.

Le sujet a été abordé au Conseil Municipal

En introduction du Conseil Municipal, les élus jocondiens sont revenus sur les événements récents qui ont touché le quartier de la Rabière.

Pour rappel, dans la nuit de samedi 11 mai au dimanche 12 mai, des violences ont agité la nuit des habitants du quartier de la Rabière. Entre 00h30 et 5h00 du matin une vingtaine de jeunes ont incendiés une dizaine de véhicules et affronté les forces de l'ordre qui étaient intervenus sur place suite à la destruction d'une caméra de vidéosurveillance au stade Jean Bouin. Les affrontements avec les forces de l'ordre se sont en partie déroulés au niveau du centre commercial, alors occupé au début de la nuit en raison de la période de Ramadan et de la rupture du jeune nocturne. Des affrontements qui ont tourné à une « guerilla urbaine » pour reprendre les propos du maire de Joué-lès-Tours, Frédéric Augis.

Cette nouvelle nuit de violence et de heurts fait suite à plusieurs mois de difficultés et d'inciviltés dans le quartier de la Rabière avec l'incendie de plusieurs dizaines de véhicules à l'automne 2018, celui de l'espace d'accueil « Le chalet », mais aussi les dégradations du club house du club de football à l'été dernier, ou encore les rixes devant le centre aquatique Bulle d'O récemment...

Un débat très solennel

Cette dernière nuit  de violence a marqué les esprits au sein du conseil municipal et c'est avec une certaine solennité que les élus ont pris la parole et sont revenus sur ces événements ce mercredi soir.

Pour Vincent Tison, du groupe « La Ville au Coeur » (opposition de gauche) : « Depuis un an, jamais notre ville n'a connu autant d'actes d'incivilités. C'est innaceptable et on ne peut pas rester sans réponses. »Pour l'élu socialiste, il faut une réponse dans la durée avec des actions auprès des plus jeunes. « Il faut une équipe complète et spécifique de médiation pour aller plus loin que ce qui est déjà fait, avec un soutien volontariste plus large aux acteurs locaux, le centre social ou les clubs sportifs. » Et l'élu de l'opposition de proposer la mise en place d'une « assemblée citoyenne de quartier ».

Laurence Hervé  (groupe d'opposition « Libres citoyens ») a de son côté évoqué « des parents dépassés, ne sachant plus quoi faire pour faire face à leurs enfants». Pour l'élue jocondienne, les problèmes de La Rabière sont l'affaire de tous et dépassent le cadre du conseil municipal. Et dressant un constat cette dernière d'évoquer des « médiateurs peut-être un peu dépassés, non pas dans leur volonté mais dans les outils dont ils disposent. », mais aussi de poser dans le débat le rôle des forces de l'ordre : « L'intervention de la police doit se faire avec l'accord tacite de la population sinon les citoyens peuvent se mettre en opposition » a-t-elle déclaré tout en précisant sur la répétition des interventions et donc de la fatigue que cela peut entraîner: « Il faut faire attention aux forces de l'ordre également. Ce sont des êtres humains et il peut y avoir parfois des dérapages ». Des propos qui ont semblé faire écho aux critiques entendus dans le quartier sur l'intervention des forces de l'ordre, certains critiquant l'envoi de gaz lacrymogènes au niveau du centre commercial alors occupé.

"Nous avons tous failli" (Frédéric Augis)

Un point sur lequel les élus de tous bords sont d'accord, celui de « la souffrance » ressentie par les habitants et de la nécessité d'accompagnement. « Une souffrance sourde qui se répand » et à laquelle il faut être vigilant pour Jean-Pierre Sanchez (Debout la France). « Nous avons tous failli » a déclaré de son côté Frédéric Augis. « Il y a plusieurs années, nous avions un secteur jeunes formidable. On n'a peut-être pas pris conscience que quand on supprime un poste ici ou là, cela a des conséquences sur 10 ou 15 ans ». Ce dernier a tenu à saluer les collaborateurs de la ville qui oeuvrent à la Rabière tout en affirmant la nécessité d'une réponse judiciaire pour les fauteurs de trouble.

Le maire de Joué-lès-Tours a finalement renvoyé tout le monde au 22 mai. Ce jour-là une commission générale aura lieu pour affiner les débats sur le sujet, dresser un constat global et tenter d'apporter des éléments de réponses voire des solutions. Pour justifier la tenue de cette réunion à huis-clos, Fréderic Augis a indiqué qu'il pourra «dire plus tranquillement des choses que j'ai pu entendre ».

Ce dernier se sait attendu au tournant sur le sujet, lui qui a grandement axé sa campagne des Municipales 2014 sur le thème de la sécurité justement. « Vous avez ici une responsabilité immense pour proposer des réponses urgentes et concrètes » a d'ailleurs conclu son intervention Vincent Tison en s'adressant à Frédéric Augis.

Mathieu Giua