Indre-et-Loire

Village des Marques à Sorigny : le projet encore d’actualité ?

Le président des Commerçants d’Indre-et-Loire vient de relancer le débat.

Le Village des Marques, vous vous souvenez ? Grand sujet de l’année 2018 en Indre-et-Loire. On avait appris l’existence de ce projet en juin, il y a tout pile un an. L’objectif : construire un grand centre commercial à ciel ouvert ressemblant à un village typique du Val de Loire avec 120 boutiques, des restaurants et hôtels à proximité. Le tout à quelques centaines de mètres de l’autoroute pour capter jusqu’à 2 millions de visiteurs par an. Les estimations évoquaient alors 600 créations d’emplois.

Il n’a fallu que quelques heures pour déclencher une polémique : le Conseil Départemental d’Indre-et-Loire s’était prononcé pour mais pas le maire de Tours, ni la Commission Départementale d’Aménagement Commercial, ni la Commission Nationale d’Aménagement Commercial, ni l’association des commerçants de Tours, ni les représentants des commerçants d’Indre-et-Loire, ni les écologistes. Parmi les craintes : un impact négatif sur les commerces de centre-ville à Tours, Loches, Chinon ou Châtellerault mais aussi des conséquences néfastes pour l’environnement.

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Retoqué en décembre par la Commission Nationale d’Aménagement Commercial, l’hypothétique chantier s’est vu affublé d’un sacré handicap. Le promoteur avait la possibilité de faire un recours… mais il n’a pas choisi cette option. Ça veut dire qu’il a renoncé ? Pas sûr. Et c’est d’ailleurs tout le contraire selon Sylvain Debeure, président de la Fédération des Unions Commerciales d’Indre-et-Loire.

L’homme était à Tours mardi soir, à l’occasion de l’Assemblée Générale des Vitrines de Tours. L’association s’est pas mal mobilisée contre le projet, dans le sillage du maire de la ville. Donc il est venu devant ses membres pour faire un point d’étape sur le dossier Village des Marques. Voici ce qu’il dit :

« J’ai rencontré le promoteur de Sorigny qui m’a dit qu’il avait les fonds nécessaires et qu’il voulait coûte que coûte faire aboutir son projet. Il est possible qu’il revoie ses plans avec des ambitions à la baisse. Si c’est le cas, on le saura sans doute au tout dernier moment, quand il sera présenté en commission à la préfecture. »

Sylvain Debeure a expliqué qu’il avait eu un échange tendu avec l’investisseur : « il m’a dit que si ça ne se faisait pas en Touraine, il irait dans un département voisin. Je lui ai demandé d’arrêter de faire du chantage : j’ai interrogé les autres territoires. Châtellerault n’en veut pas, Poitiers n’en veut pas, Le Mans, Blois et Orléans non plus. Alors qu’il aille en Normandie si il veut mais pas ici ! »

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Malgré les nombreuses oppositions, l’homme dit rester méfiant : « je regarde si le projet ne revient pas sous un autre nom. Mais je ne veux pas être seul à défendre les commerçants. Seuls 26 boutiques de Tours ont participé à la manifestation organisée à Tours à l’automne. J’espère qu’ils seront plus nombreux s’il y a un nouveau rassemblement dans le futur. »