Indre-et-Loire

En Centre-Val de Loire, 52% des habitants ont envie de partir

Et 55% ne sont pas attachés à la région.

Ta région tu l'aimes ou tu la quittes pourrait-on dire pour paraphraser un ancien président. Ce mardi, l'institut de sondage Elabe publie, pour francinfo, une étude sur le moral des habitant(e)s dans les différentes régions de France... 800 personnes ont été interrogées en Centre-Val de Loire et les résultats ne sont pas forcément avantageux :

  • 52% des personnes qui ont répondu disent vouloir quitter leur région (42% au niveau national)
  • 45% sont attachés à leur territoire, contre 58% pour la moyenne françase
  • 44% se disent pessimistes pour l'avenir de l'endroit dans lequel ils ou elles vivent (record national, 5 points de plus que la moyenne)
  • 75% sont aussi pessimistes sur l'avenir global de la région et de la société en général
  • 47% estiment vivre dans un territoire qui va bien (59% en France)
  • 62% estiment qu'il est difficile de trouver un emploi en Centre-Val de Loire
  • 28% considèrent que l'endroit où ils vivent n'a aucune qualité
  • 47% ont du mal à boucler leurs fins de mois
  • 51% trouvent que les services publics disparaissent

Un tableau tout noir ? Non, quand même pas. Et ce serait trop réducteur; D'après le même sondage :

  • 73% des personnes interrogées se disent heureuses au quotidien
  • La qualité des paysages, le bon esprit des habitants et les atouts écologiques du Centre-Val de Loire sont mis en avant
  • 35% des personnes trouvent tout de même le territoire attractif pour de nouveaux habitants même si c'est 16 points de moins que la moyenne nationale

En fait, cette enquête mériterait sans doute d'être affinée entre l'avis de personnes qui vivent dans la partie la plus urbanisée du Val de Loire (de Tours à Orléans) et celles qui vivent plus en zones rurales. Les avis doivent être différents. On peut le supposer quand on constate les critiques faites à la région : le manque de transports en commun performants ou d'accès aux services publics, des débats particulièrement récurrents dès que l'on sort des villes les plus importantes.

Ce sondage semble donc surtout mettre en lumière une fracture entre des citadin(e)s qui profitent d'un certain dynamisme et de personnes vivant à la campagne qui peuvent s'y sentir oubliées, malgré un cadre de vie qui peut être choisi, qui a ses avantages mais de lourds inconvénients comme l'accès à la santé. Seuls 31% des ligériennes et des ligériens le jugent facile, 50% ont confiance en leur hôpital de proximité (le plus fible taux national).

Sur le plan politique, on retiendra que c'est en Centre-Val de Loire que la cote de confiance d'Emmanuel Macron est la plus faible (15%) tout comme le sentiment d'attachement à l'Europe (33%).