Indre-et-Loire

Elargissement de l'A10 vers Poitiers : fortes critiques de riverains

Ils répondent aux arguments de Vinci.

Il y a quelques jours sur Info Tours, nous faisions le point sur le projet d'élargissement de l'A10 entre Veigné et Poitiers. Les travaux pour une mise à 2x3 voies de l'autoroute pourraient débuter d'ici un an, en tout cas une enquête publique sera lancée le 22 janvier. Les travaux sont importants : 600 millions d'euros de budget.

Pour bien comprendre, on vous résume le projet via une infographie sur 37 degrés

A l'issue de cette publication, l'association Agir A10 - qui a préparé le dossier avec Vinci - a tenu à faire part de ses arguments. Si l'entreprise affirmait avoir de bonnes relations avec les riverains, ces derniers évoquent pour leur part une longue liste de soucis et s'estiment trompés...

C'est sur la question du bruit que l'incompréhension semble la plus flagrante entre les riverains ruraux et Vinci : "On prévoit certes 17 km de protections acoustiques sur les 180 km du tracé (90km de Veigné à Poitiers, et 90km de Poitiers à Veigné, une voie nouvelle étant aménagée dans chaque sens), mais AGIR estime plutôt à 86 km les protections réglementaires auxquels les riverains auraient droit si la loi était respectée." L'association estime par exemple que la hausse de trafic est sous-évaluée (Eric Sauner de Vinci évoque une augmentation de 1% par an, les riverains 2%).

L'association regrette également que le constructeur n'envisage pas plus de solutions pour réduire les nuisances : "les enrobés phoniques (le bitume antibruit), utilisé avec succès sur de nombreuses voies rapides en France a été boudé, sans aucune explication de la part du constructeur (l'avis de l'autorité environnementale le souligne d'ailleurs). Trop cher, générateur d’accidents, duré de vie de 2 à 3 ans. C’est un enjeu de sécurité nous a-t-on affirmé pour faire taire tout débat sur le sujet" nous dit Gabrielle Lehoreau, vice-présidente qui s'appuie sur l'exemple niçois pour affirmer que ces revêtements sont de bonne qualité. "Un enrobé phonique efficace ne coûte que 10 à 20 % de plus en matériau qu’un enrobé classique. Ce qui semble tout à fait économiquement raisonnable pour garantir le droit au sommeil des riverains" complète-t-elle rappelant que certains se plaignent aussi de la baisse de la valeur de leur maison.

Agir A10, qui collabore avec l'association des maires ruraux d'Indre-et-Loire, se dit également sceptique sur l'impact local du chantier, l'appel d'offres pour la construction étant européen. "Les Maires ont l’impression de se faire servir un nouveau scénario catastrophe pour leur territoire, comme celui de la LGV, sans pouvoir y faire quoi que ce soit."

Sur le plan environemental enfin, l'association affirme que "le projet prévoit même de s’exonérer juridiquement de toutes les obligations minimales en termes de paysage ou de respect des zones patrimoniales. Concrètement cela pourrait se traduire par des plantations de grandes allées de pin dans les zones naturelles protégées ou encore la construction de grands dépôts de matériaux dans des zones historiques…" Il y aurait également un impact sur le tourisme, avec des gîtes trop exposés au bruit actuellement.