Indre-et-Loire

« Cauchemar en Cuisine » à Bléré : Sylvie et Amandine submergées de messages

Leur crêperie accueille plus de clients que l’an dernier.

Jeudi dernier, 2,6 millions de téléspectateurs ont passé la soirée devant M6 et Cauchemar en Cuisine du célèbre chef Philippe Etchebest… Un bon cru pour l’émission qui s’arrêtait dans une crêperie de Bléré : La Sarrazine, tenue par Sylvie (54 ans) et sa fille de 27 ans, Amandine. Dès les premières minutes, on découvre un restaurant mal organisé, en manque de clients, à la déco très rose et un peu passée… A peine attablé, le chef Etchebest s’alarme de la situation, de la présentation des plats au manque d’hygiène avec ses phrases cash : « on dirait un attrape-touristes » annonce-t-il en regardant la carte « brouillonne ». Ensuite, ça manque de sel, la cuisine est dans le noir… « C’est particulièrement bordélique,  je ne sens aucune motivation » lance-t-il notamment.

Gros stress des restauratrices avant la diffusion

Acharnement ? Portrait réaliste ? Pour leur laisser le temps de digérer, on a contacté les deux femmes une semaine après la diffusion… Sylvie semble avoir globalement apprécié : « je l’ai trouvée différente de d’habitude, avec plus d’émotion » explique la cuisinière en préparant son service. Et pourtant, elle angoissait : « on a appris la date de diffusion une semaine avant… J’avais peur, ça m’a rendue malade toute la semaine car on n’a rien pu voir. Maintenant ça va, c’est passé. »

La Bléroise se souvient d’un tournage difficile : « oui la cuisine était sale mais il vient juste après le service, je n’avais pas encore eu le temps de nettoyer… Et puis il y a 30 personnes en même temps, qui commandent 30 plats différents… Ils prenaient tous entrée, plat et dessert… Ça n’arrive jamais ça. La plupart des clients prennent un plat puis un dessert et arrivent à des heures différentes. En plus il y avait les caméras et une journaliste qui demandait tout le temps ce que l’on ressentait. C’était gênant, ça me bloquait pour travailler. » Et surtout, elle ne comprend toujours pas comment un cheveu long a pu être retrouvé dans son omelette, alors qu’elle a les cheveux courts.

Philippe Etchebest, un modèle à suivre

Pour autant, Sylvie ne conteste pas les difficultés qu’elle connaissait avec son restaurant repris il y a près de 3 ans : « j’étais mal organisée… » Depuis, « je travaille comme Philippe Etchebest me l’a dit. J’utilise ses recettes ligne par ligne, je suis une bonne élève. Je ne suis pas cuisinière de métier mais j’ai été élevée dans ce milieu : j’étais serveuse chez ma maman et mes grands parents étaient dans le métier. J’ai toujours appris en regardant. »

Un cuisinier sera embauché si le succès perdure

Très émotive, la restauratrice se dit très touchée par les messages reçus depuis le passage sur M6 : « j’ai reçu des appels de partout en France. Les gens nous félicitent, nous donnent du courage, ils sont super gentils. J’ai même reçu des fleurs et un beau dessin d’un petit garçon avec un serpent (un animal qu’elle déteste mais qu’elle a réussi à affronter pendant le tournage, ndlr). » Sur Internet, sa fille Amandine a recensé plus de 600 messages : « je ne peux pas répondre à tout le monde alors j’ai fait une vidéo. On ne s’attendait pas à une telle médiatisation. La production nous dit aussi que c’est la première fois qu’elle a d’aussi bons retours. »

Une production qui suit encore de près la crêperie : « un psychologue nous suit et le chef Etchebest m’a téléphoné plusieurs fois, notamment lundi. Je ne l’ai même pas reconnu mais très vite je me suis mise au garde à vous. Il est vraiment très impressionnant. » Économiquement, La Sarrazine se porte assez bien : « juillet, août et septembre ont été meilleurs que l’an dernier, octobre plus dur et novembre est bien parti. Maintenant il faut garder le cap » expliquent Sylvie et Amandine qui cherchent notamment à séduire les habitants de Bléré : « ils nous reconnaissent dans la rue mais ce n’est pas facile de les avoir... » Et si l’affaire continue de fonctionner, l’embauche d’un cuisinier est envisagée pour relayer Sylvie en cuisine. En attendant sa fille reste fidèle : « je travaillerais avec elle jusqu’à sa retraite ! »

Olivier Collet