Indre-et-Loire

Dans la chaleur d'un vendredi à Terres du Son

Déjà une belle affluence et de bons souvenirs pour la première soirée du festival.

"Toi, à ton regard, je sais que tu aimes la mimolette" est sans doute la meilleure blague que l'on a entendu ce 7 juillet à Terres du Son. C'est dit comme ça, sans préambule. Pas même un bonjour. La personne en question avait sans doute oublié de boire avec modération mais ça ne l'empêchait clairement pas de faire usage de ses dons de voyance. Le pire, c'est que, oui, on aime ça la mimolette.

Cet exemple seul suffit à rappeler que les festivaliers de Terres du Son sont vraiments de bons vivants. Il y a ceux qui viennent en orange fluo type combi de chantier, ceux qui se baladent avec leurs ballons en forme d'animaux pour ne pas se perdre... Grosse invasion de torses nus et de hauts de maillot de bain aussi pour cette première journée à Candé où on a largement dépassé les 30° sous un grand Soleil puis avec une Lune quasi pleine. Il fallait en profiter, la grisaille est de rigueur à l'heure où nous écrivons ces lignes après une (forcément courte) nuit.

Pour sa soirée de lancement, Terres du Son n'incitait pas à se coucher à l'heure des poules. Suivant un ordre et une tradition bien établis, les choses sont allées crescendo... En fin d'après-midi, Tété s'est occupé de l'accueil des premiers arrivants avec son énergie, son look de beau gosse et ses tubes pleins d'entrain. Un peu plus tard, Protoje est monté d'un cran avec un live bien remuant avant que Morcheeba n'impressionne son monde sur la scène Ginkgo avec un look de diva, une voix de diva et une énergie de diva pour la chanteuse. Quant à la guitare, impeccable, énergique, atmosphérique... Elle a fait décoller l'ambiance dans une prairie qui ne demandait que ça. Non loin de là, la chanteuse de Bo Bun Fever enlevait tout, comme à son habitude (quand on vous dit qu'il fait chaud).

Pour poursuivre, on avait le choix entre une rappeuse anglophone renommée sous le chapiteau, Kate Tempest, et la fougue délirante de Naive New Beaters sur la scène Biloba. Après avoir testé les deux, on privilégie les seconds même après avoir déjà vu le trio (devenu groupe de cinq avec l'arrivée de deux nanas dans la bande) il y a tout juste un an.

C'était l'occasion de voir une nouvelle fois leur dernier excellent album A la folie déroulé sur scène. Un accoutrement de tubes électro, pop, rock et rap... Tout ça balancé avec humour : "on va faire semblant de partir pour voir si on va se faire accalmé" sort David Boring à l'heure du rappel. Ca groove et ça pulse dans tous les sens, avec en prime une masse de public bien réactive et motivée qui - au passage - s'entraînait pour Synapson. Avec une armée de guests, ce concert-là a été clairement l'une des grandes réussites de la soirée. En douceur et sans pression mais aussi sans laisser de répit aux danseurs qui ont donné tout ce qu'ils avaient. La fête a vraiment bien commencé. On poursuit ce samedi avec, entre autres, Camille et Birdy Nam Nam sur les terres de Monts...

Olivier COLLET