Indre-et-Loire

Le Louroux : 5h de bataille administrative pour voter à la présidentielle

Histoire incroyable pour une électrice mal inscrite sur les listes électorales.

Une chose est certaine : Murielle Okasha était vraiment très décidée à voter pour le 1er tour de l’élection présidentielle ce dimanche. Quitte à mettre 5h avant de réussir à glisser son bulletin dans l’urne. L’histoire est à peine croyable mais réelle : cette habitante du Louroux, dans le Sud Touraine, a passé sa journée entière à se battre contre l’administration avant d’être enfin autorisée à accomplir son devoir de citoyenne.

Tout commence il y a deux ans… Murielle Okasha quitte Chambray-lès-Tours pour rejoindre Le Louroux. Aux régionales, elle vote encore dans l’agglomération tourangelle mais, pour le scrutin présidentiel de 2017, elle fait le nécessaire afin d’être logiquement rattachée à sa nouvelle commune de résidence.

Le 1er octobre, la mairie du Louroux remet donc à Murielle un récépissé attestant de son inscription sur les listes électorales de ce village comptant 383 inscrits sur ses registres. A deux mois de la date limite pour l’accomplissement de cette démarche elle est largement dans les temps et n’a donc aucune raison de s’inquiéter : elle ira voter pour la première fois au Louroux le 23 avril.

Les mois passent et, étrangement, Murielle ne reçoit pas sa carte d’électrice chez-elle. Qu’à cela ne tienne, le document n’est pas obligatoire pour voter (et d’ailleurs il y a pire, certains ont reçu deux cartes d’électeur, leur laissant théoriquement la possibilité de voter deux fois car ils n’ont pas été radiés des listes de leur ancienne commune). A 11h de 23 avril, notre citoyenne se rend donc au bureau de vote du Louroux mais là surprise : elle n’est pas inscrite sur le registre.

Là commence une longue bataille : le maire de la commune est catégorique, si elle n’est pas inscrite elle ne peut pas voter. Murielle Okasha imagine alors que son déménagement n’a pas été enregistré et qu’elle est toujours inscrite à Chambray-lès-Tours. La voilà partie sur la route à faire 30km pour se diriger vers son ancien bureau de vote… où on l’informe qu’elle a été radiée. Retour au Louroux, donc 60km aller-retour, où on ne l’autorise toujours pas à mettre son enveloppe dans l’urne malgré la présentation d’une batterie de papiers d’identité. Suit un coup de fil à la gendarmerie de Ligueil qui se déclare incompétente pour gérer cette affaire… A bout, Murielle finit par appeler la préfecture d’Indre-et-Loire qui intervient auprès du maire.

Ce lundi, l’élu nous confirme ce scénario rocambolesque : « il y a eu un bug au moment de l’inscription. On a donc rajouté son nom manuellement sur le registre » explique Eric Deniau. Murielle a donc réussi à voter vers 16h, 5h après le début de son épopée. Pour le second tour, son nom sera encore écrit à la main mais, normalement, le souci devrait être corrigé pour les législatives et l’électrice devrait avoir reçu sa carte tant désirée avant le 11 juin. « C’est une erreur humaine, ça peut arriver. Hier, on a aussi remarqué une date de naissance qui n’était pas la bonne » tente de dédramatiser le 1er magistrat de la commune.

Pour l’anecdote, au Louroux, 87,47% des habitants de la commune inscrits sur les listes électorales se sont déplacés pour ce 1er tour de la présidentielle, soit 335 personnes, dont Murielle. Les résultats : Marine Le Pen en tête devant Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron et François Fillon.

Olivier COLLET et Laurent Guillaumé