Indre-et-Loire

A Esvres, un atelier de couture XXL pour développer la mode tourangelle

Rencontre avec sa créatrice, une ancienne militaire qui se reconvertit dans cet univers manuel.

C’est une grande et élégante maison d’Esvres, Rue du Vallon. Avant de passer le portail, l’œil est immanquablement attiré par le lavoir. Un peu à l’abandon, mais élégant. En revanche, dans l’ancien garage, ça respire le neuf, la lumière et la couleur. On entre par une grande porte vitrée, des exemplaires de Glamour et Vogue sont posés sur une petite table basse face au paillasson. Il y a aussi des mannequins et des machines à coudre partout. Des tissus, des ciseaux… Ca donne le ton : ici, on parle mode, mode et mode (et éventuellement des Antilles, aussi).

Cette maison, c’est celle de Martine Bourreau. Cette grande pièce (avec son étage) son nouveau lieu d’activité à partager. Depuis début février, cette ancienne militaire de l’armée de l’air commence vraiment sa nouvelle vie de conseillère en image et de prof de couture en installant son entreprise dans sa propriété. Elle raconte que les métiers manuels, les vêtements, ça l’a toujours attirée. Sauf qu’au moment de choisir son orientation professionnelle, partir vers la couture c’était vu comme « dévalorisant. » 10 ans plus tard, avec l’essor des loisirs créatifs, c’est carrément tendance. Et puis, qu’on ne se méprenne pas, « beaucoup de militaires aiment bien s’habiller après avoir porté l’uniforme toute la semaine. »

« La création, ça a toujours été en moi » ajoute encore Martine. La décision est prise : sa reconversion se fera dans l’univers de la mode. Pour se former, direction le GRETA de Tours avec un CAP couture. Ca lui permet d’aller plus loin que ce qu’elle faisait de son côté : « je bricolais… Des rideaux, du linge de maison. » Désormais, elle expose fièrement quelques tenues créées, où les couleurs vives sont de rigueur. « J’aime qu’un vêtement me ressemble. A la mode, mais avec le petit détail, en plus… ou en moins, qui fera la différence par rapport à ce que l’on trouve partout. »

Coquette, rieuse et dynamique, Martine aime aussi être entourée. Son atelier, elle prévoit de l’ouvrir 6 jours sur 7 aux couturières (ou couturiers) professionnels et amateurs de la région, pour le plaisir d’être ensemble, pour partager des idées, pour mettre en commun du matériel, aussi. Bref, le coworking n’est pas réservé aux entreprise de l’informatique. Des créatrices de Tours, Joué-lès-Tours, Luynes ou Manthelan sont même déjà intéressées pour venir passer quelques heures à créer sous les grandes poutres en bois (pour 5€ de l’heure, mais aussi avec des tarifs à la journée ou au mois).

« Ca pourrait aider d’autres personnes qui veulent se lancer mais qui n’ont pas forcément les moyens d’ouvrir un atelier. Ce n’est pas en restant chacun de notre côté que l’on va valoriser notre métier. On a des choses à s’apporter. Le but, c’est que ça circule » nous dit-elle pour expliciter sa démarche. Des événements en commun pourraient par ailleurs voir le jour (défilés, soirées, ventes de collections…). Pour cela, une association va se monter : La Mode au Centre.

Et si on ne sait pas coudre ? Eh bien on peut apprendre, c’est toute l’idée de la petite entreprise de Martine Bourrreau, N°27 Atelier Couture. Elle propose des cours en individuel ou à plusieurs, pour tous niveaux (à partir de 15€ de l’heure). Et à l’étage, il y a son showroom avec vêtements, accessoires, sacs, grand miroir… Un espace dédié à la partie conseil en image de son activité que l’on évoquait plus haut. Concrètement, il s’agit d’un accompagnement personnalisé pour un relooking et du shopping (quelle tenue pour quel événement ? Quelles couleurs en fonction de son teint ?....). Elle peut donc accompagner ses clients dans leurs recherches afin de reconstituer leur dressing mais aussi prêter vêtements ou accessoires pour une occasion particulière. Un métier encore assez rare mais en développement.

Olivier COLLET

Plus d'infos sur la page Facebook La Mode au Centre.