Indre-et-Loire

A10 à 2x3 voies jusqu’à Poitiers : le projet avance

La première phase de concertation est terminée. Les travaux doivent débuter fin 2018.

L’A10 en chantier, c’est loin d’être terminé. L’aménagement à 2x3 voies de l’autoroute entre Chambray-lès-Tours et Veigné sera à peine achevé d’ici un an et demi que la portion Veigné / Ste-Maure-de-Touraine entrera en travaux, et ce pour 5 ans, donc jusqu’en 2023.

Là aussi, l’objectif est de faire passer l’autoroute à 2x3 voies et ce sur 23km supplémentaires, en attendant d’élargir tout le trajet jusqu’à Poitiers Sud : un projet à 244 millions d’euros pour sa première phase et qui vient de franchir une étape avec la fin de la concertation publique. En juin, une décision du gouvernement est censée valider le dossier qui sera soumis à enquête publique fin 2017, il pourrait alors être déclaré d’utilité publique mi 2018 pour un démarrage des opérations dans la foulée. « Pour l’instant, le calendrier est tenu » a indiqué la préfecture d’Indre-et-Loire vendredi.

Élargir une autoroute, on ne fait pas ça tous les jours. Ainsi, la question ne se pose que 40 ans après l’inauguration de l’A10. Du coup, le sujet intéresse beaucoup de monde, en particulier dans les 27 communes traversées par l’autoroute (dont 14 en Indre-et-Loire). Sur deux mois, en septembre et octobre, 671 personnes ont remis 921 avis pour mieux comprendre ou suggérer des améliorations « afin que le projet s’intègre au mieux dans le territoire, mais aussi qu’il améliore le développement économique et touristique » note Audrey Baffalie, chef de projet pour Vinci Autoroutes, l’entreprise ayant obtenu de l’Etat un allongement de sa concession jusqu’en 2034 pour exploiter l’A10 en échange du financement intégral de cet élargissement.

Mais est-ce vraiment nécessaire d’avoir trois voies de circulation sur une distance aussi longue ? Parmi les citoyens concernés (67% de riverains et 33% d’usagers de l’A10), certains ont estimé que non. De son côté, Vinci assure que c’est un aménagement pour l’avenir. Actuellement, le tronçon voit passer 35 000 véhicules par jour (dont 75% de desserte locale), 80 000 les jours de grands départs ou retours de vacances, « ce sera bien plus à l’horizon 2043-2045 » nous assure-t-on… « Ce que l’on veut c’est renforcer la fluidité et offrir un meilleur confort de conduite avec un meilleur partage de la route. Par exemple, ça évitera des ralentissements quand deux camions se doubleront » justifie Audrey Baffalie rappelant que « 20% du trafic est composé de poids lourds » alors que c’est autour de 15% sur la plupart des autres axes.

Autre argument avancé : « cela permettra aux agents de travailler dans de meilleures conditions quand ils répareront des barrières de sécurité par exemple. Les interventions des secours seront aussi facilitées en cas d’accident avec potentiellement moins de gêne pour la circulation. » En revanche, il y aura toujours des ralentissements l’été : « on ne dimensionne pas une autoroute pour les jours de pointe » explique Eric Sauner, directeur opérationnel de Vinci : « il y aura moins de bouchons, mais il y en aura encore. » D’ailleurs, le péage de Sorigny ne sera pas élargi dans le cadre de ce projet. Il n’y aura pas non plus de créations de nouvelles entrées ou sorties comme l’espéraient certains.

Pour mener à bien ces travaux, 53 démolitions et reconstructions de ponts seront nécessaires. Avec dans certains cas la coupure des axes concernés pendant près d’un an si le nouvel ouvrage d’art est construit exactement au même endroit. Des nouveaux ponts dont la durée de vie est estimée à 100 ans et qui disposeront normalement de trottoirs élargis prévus pour les piétons (notamment pour les circuits de grande randonnée) et les vélos. De nouveaux murs antibruit devraient être construits car depuis 1977 les normes dans ce domaine ont changé et qu’il faudra protéger plus d’habitations.

Il faudra encore que l’autoroute s’adapte aux nouvelles normes environnementales, qui ont aussi largement évolué. Des aménagements paysagers et des plantations sont prévus pour masquer la vue du ruban de goudron. Il y aura aussi un système d’assainissement plus moderne. Une concertation avec les associations sera menée pour limite »r l’impact sur la faune et la flore, nous assure-t-on. Vinci promet enfin que l’A10 à 2x3 voies ce sera moins de pollution vu que les ralentissements seront moins nombreux.

Olivier COLLET

Pour en savoir plus, il y a un site www.a10-poitiersveigne.fr en attendant des ateliers de co-construction avec la population locale dans le courant de l’année 2017.