Indre-et-Loire

Centre de Pontourny : l'Etat tente de rassurer, encore

Pour convaincre la population de l'utilité de la prévention de la radicalisation.

Les autorités comptent bien exploiter les capacités du centre de Pontourny de Beaumont-en-Véron dans le Chinonais dès la rentrée 2016, mais la communication précipitée et désastreuse autour du projet de "centre de prévention de la radicalisation" a contrecaré et handicape toujours les services de l'Etat, qui se retrouvent face à des élus préoccupés et des habitants inquiets (qui ont manifesté ce samedi à Chinon), sans compter la tentative de récupération du FN.

Alors, pour tenter de convaincre, le préfet Pierre N'Gahame en charge de ce dossier et venu à Tours il y a quelques semaines, a publié ce week-end un nouveau communiqué pour expliquer plus précisément ce qu'il allait se passer derrière les murs du centre auparavant dédié à l'accueil des mineurs étrangers isolés sous la direction de la Mairie de Paris :

"(...) la volonté du Gouvernement est de renforcer la prévention de la radicalisation. Le projet prévu à Beaumont-en-Véron s’inscrit dans cette démarche. L’objectif est de renforcer notre capacité collective de prise en charge des personnes en voie de radicalisation, leur rendre leur capacité de discernement et leur donner des perspectives d’insertion professionnelle.

Ce centre accueillerait ainsi des jeunes majeurs, volontaires pour suivre un programme permettant le désengagement d’un processus de radicalisation et une insertion socio-professionnelle. Je tiens à souligner que les jeunes qui y seront accueillis n’ont jamais été condamnés pour des faits liés à la radicalisation ; ils ne sont que des victimes de rabatteurs qui ont développé des techniques de manipulation mentale pour les conduire à rejeter leurs environnement scolaire, professionnel et familial.

C’est pourquoi, il est important que ces jeunes puissent sortir de leur environnement afin de bénéficier d’un accompagnement spécifique leur permettant de recouvrer leur libre arbitre et retrouver leur place parmi leurs proches aussi bien que dans notre société. Alors qu’ils entrent progressivement dans une spirale dangereuse pour eux-mêmes et pour autrui, proche de celle rencontrée dans les cas de dérives sectaires, il est indispensable d’agir afin de les sortir de leur repli social et familial et d’un phénomène de conditionnement mental irréversible. Les jeunes accueillis au centre de Beaumont-en-Véron y résideraient pour une durée pouvant aller jusqu’à 10 mois. Il leur sera possible de rentrer chez eux chaque week-end au terme d’une période d’internat d’environ 1 mois. Durant toute leur durée de séjour, leur régime de sortie serait prévu par le règlement de fonctionnement de l’établissement.

Ces jeunes suivront un programme de formation et d’accompagnement, qui alternera différentes séquences : prise de recul à l’égard des thèses djihadistes, réappropriation des valeurs républicaines, insertion sociale et professionnelle.

L’ouverture envisagée du centre de Pontourny, au début du second semestre 2016, sera effectuée avec la reprise des personnels du centre actuel qui se seraient portés volontaires."

Rappelons aussi que lors de sa visite à Tours, Pierre N'Gahame avait promis que le centre n'ouvrirait pas sans accord des élus et des citoyens.

 

Photo d'archives.