Indre-et-Loire

Le bilan de santé de l'économie en Touraine

Les Tourangeaux achètent plus de voitures, le tourisme est en hausse mais les entreprises sont toujours préoccupées par l'avenir et le chômage affiche un niveau record.

Au niveau national les chiffres sont encourageants et le gouvernement veut croire à une reprise durable de l'économie depuis que la croissance est repartie à la hausse. Et en Touraine, comment ça se passe ? Il y a quelques jours, l'Observatoire de l'Economie et des Territoires de Touraine a publié son Ecoscopie 2015, un document référence de 12 pages qui compile toutes les données économiques du département afin de dresser un bilan objectif de la situation en Indre-et-Loire. L'association aux 25 ans d'existence compte 8 salariés. Installée tout près de la CCI Touraine Rue Jules Favre à Tours, elle est en partie financée par cette dernière mais aussi par le Conseil Départemental ou l'agglo Tour(s)Plus.

Le titre de la publication de l'OE2T ne laisse pas de place au doute, "2015 : rendez-vous reporté avec la reprise." Donc la Touraine sauve les meubles sans être vraiment un moteur tournant à plein régime. Il y a des signes positifs : avec un chiffre d'affaire global de 17,771 milliards d'euros, les entreprises tourangelles ont réalisé des résultats supérieurs aux 6 dernières années. Avec une hausse de 4,5% du nombre de contrats (212 000), l'intérim a représenté l'éuivalent de 5 500 emplois à temps plein chaque mois. Grâce à la baisse des taux des prêts immobiliers et à une diminution des prix, les transactions de logements anciens ont progressé de quasi 20% et 2015 est la deuxième meilleure année de l'histoire dans ce domaine juste après 2011.

Oui mais voilà... Dans l'industrie et le BTP, le nombre de salariés se réduit inexorablement (-1,2% pour l'industrie, -4,1% pour la construction, bien plus que la moyenne nationale), Les mises en chantier de logements neufs ne redémarrent pas, les entreprises ont réduit leurs investissements de 18%, et le chômage a atteint un niveau record fin décembre : l'Indre-et-Loire comptait alors 51 407 inscrits sur les listes de Pôle Emploi qui a par ailleurs enregistré une baisse du nombre d'offres d'emplois pour la troisième année consécutive (25 000 annonces dans le département, dont 1 700 qui n'ont pas été pourvues). Le taux de chômage concernait ainsi 9,2% des Tourangeaux au 4ème trimestre, ce qui reste inférieur à la moyenne régionale (9,7%) et métropolitaine (10%). Le nombre de chômeurs de longue durée est lui en forte hausse : +16%.

Des chiffres qui ne donnent pas le sourire, il y en a encore d'autres : le commerce de détail n'est pas à la fête avec une baisse de 2,4% de l'activité dans le secteur de l'équipement ou une diminution des ventes de 0,5% pour les spécialistes de l'hygiène et de la beauté. Le nombre de créations d'entreprises a chuté de 7%, le nombre de liquidations judiciaires est comparable à 2014 (476) et il y a eu presque autant d'ouvertures de procédures de redressement judiciaire en 2015 qu'en 2014 (176). Soucieuses de leur situation, les sociétés du département, ont obtenu de la DIRECCTE l'autorisation de décréter 1 323 0000 heures de chômages partiel. Cependant, seules 20% de ces heures ont effectivement été chômées par les salariés.

Ne broyons pas trop de noir, les spécialistes de l'économie tourangelle ne sont pas alarmistes et croient en un éclaircissement dès ce début 2016. Quelques signes : +6% pour le marché de l'automobile avec 15 000 ventes en 2015 (surtout des modèles étrangers), des signatures plus nombreuses de crédits à la consommation (mais la baisse de l'épargne), une hausse des exportations des entreprises (79% vers l'Europe, 9% en direction de l'Asie) notamment grâce au dynamisme de l'industrie pharmaceutique.

Enfin, le secteur du tourisme est reboosté grâce à la hausse de la fréquentation des Français (les étrangers ont été moins nombreux en Touraine). Dans les hôtels, la fréquentation est ainsi en progression après 3 années de baisse. Sur la seule ville de Tours où se concentre 1/3 des établissements, le taux d'occupation des chambres est de 62% et dans les campings, les locations d'espaces sont supérieures de 4,6% à 2014. Pour 2016, les professionnels seront encore nombreux à scruter la météo pour espérer le maintien de cette dynamique. Il faudra aussi voir si les mesures nationales comme celles contenues dans la loi Macron ont un effet sur les entreprises mais surtout, la clé, c'est le chômage. Tant qu'il ne baisse pas, il faudra continuer de s'inquiéter.

CONSULTEZ TOUTES LES DONNEES DE L'OBSERVATOIRE ECONOMIQUE DE LA TOURAINE