Centre-Val de Loire

Réactions au Brexit en Centre-Val de Loire

Les électeurs du Royaume-Uni ont choisi de quitter l'Union Européenne, qu'en pensent les politiques de notre région ?

François Bonneau, président de la région Centre-Val de Loire (PS) :

La décision des Britanniques est sans conteste une fragilisation de l'Union et un mauvais message à l'heure où bien au contraire, nous devrions nous appuyer sur les valeurs et la promesse que l'Europe a constitué pour les peuples.

Il ne faut pas pour autant céder au pessimisme et à l'irrationnel, mais plutôt en tirer des enseignements pour le fonctionnement d'une Europe qui doit placer au centre de son projet des valeurs de citoyenneté, être plus attentive aux pratiques sociales et à la vie quotidienne des habitants de chaque pays, dans toute leur diversité.

Une vision trop technocratique a éloigné l'Europe, dans son fonctionnement, de la réalité quotidienne de ses habitants, quitte à apparaître comme une menace et un obstacle alors qu'elle doit être une promesse renouvelée d'un vivre ensemble dans la diversité des cultures et nations qu'elle rassemble.

Mélanie Fortier, présidente du PRG37 :

Le #Brexit, si nous respectons le vote du peuple britannique, n'en représente pas moins une grave menace pour l'Europe. Nous réaffirmons notre souhait d'une Europe fédérale forte, démocratique et politique intégrée à un nombre réduit autour des 6 états fondateurs plus l'Espagne et le Portugal.

Cette Europe qu'il est urgent de faire évoluer afin de lutter contre tous les obscurantismes doit se construire autour d'un gouvernement d'union, mettre en place une armée européenne, une politique commune contre les menaces terroristes et des mesures concertées pour garantir l'accueil des migrants menacés dans leurs pays. L'Europe fédérale doit être celle de l'harmonisation sociale et fiscale en mettant en place des régulations protectrices contre l'ultra libéralisme.

L'Europe politique et démocratique autour d'un président élu doit être une chance dans la mondialisation afin de lutter contre tous les nationalismes et extrémisme.

Mohamed Moulay, vice-président PS du conseil régional :

Il y a eu une instrumentalisation populiste et démagogique du rejet de l'immigration mais il y a aussi un cri de désespoir pour un changement profond  du fonctionnement de l'UE.

L’heure n’est pas à l’attentisme. Il importe que nous, partisans d’une Europe plus fédérale, plus solidaire et sociale, nous fassions entendre, et avançons sur le projet européen. Il faut très vite retrouver le chemin d'une Europe de droit, une Europe des projets qui redonne du sens à ce que nous faisons ensemble.

C’est à une œuvre de refondation profonde qu’il faut s’atteler, loin des démagogies, des populismes et des dérives libérales. Nous devons vivre ensemble et trouver des solutions ensemble, nous aurons toujours des défis et des crises – réfugiés, économiques, sociales, insécurité, terrorisme. C'est ensemble que nous seront forts et solidaires.

Jean-Jacques Filleul, sénateur d'Indre-et-Loire :

Choc ce matin au réveil avec l'annonce du Brexit de Grande-Bretagne. Vote populiste certainement, vote contre l'immigration, vote de mécontentement, vote de fracture en rapport avec "le système européen", sans doute beaucoup d'autres motivations. Le peuple britannique a tranché démocratiquement pour le repli, comme le feraient d'autres s'ils étaient consultés.

J'ignore les conséquences de ce vote pour le Royaume Uni, restera-il uni d'ailleurs ?
Faillait-il faire ce référendum ? Cameron doit se mordre les doigts d'avoir voulu prendre au mot en 2013 le leader du parti populiste.

Par contre ce que je ressens c'est bien l'échec de l'Europe actuelle, celle du marché, celle du libre échange que les britanniques ont imposé à l'Europe et qu'ils viennent de rejeter.

J'attends de la France et de l'Allemagne, comme des autres pays fondateurs de l'Union européenne une réaction rapide et puissante. Le Brexit me renforce dans la conviction d'une refondation indispensable du projet de l'Europe. Pour une nouvelle histoire de l'Union Européenne au service des peuples.

Sophie Auconie (UDI, élue à Tours) :

Quelle journée bien triste que celle qui signe la sortie de l'Europe du Royaume Uni. Le résultat du référendum anglais est un appel au secours des citoyens avant tout, pour construire des politiques au service des hommes, de leurs vies et plus seulement au service des technostructures, de l'économie et de ceux qui les servent.

Jean-Patrick Gille, député PS de Tours :

#‎Brexit‬ ouvre la voie a un gouvernement économique de la zone € et une relance de l'Europe sociale avec Smic et assurance chômage Europeens.

Laurent Baumel, député PS d'Indre-et-Loire :

Le Brexit est un choc et sans doute un préjudice pour la belle idée européenne. Attention toutefois à bien en comprendre les ressorts. Il y a eu une instrumentalisation démagogique du rejet de l'immigration mais il y a aussi une demande de révision en profondeur du fonctionnement démocratique de l'UE que nous devons entendre.

Jean-Pierre Sanchez, élu FN à Joué :

Je ne résiste pas à vous dire ma joie quant au résultat du référendum en Grande-Bretagne. Les Britanniques quittent l'Union européenne, ce carcan administratif, coûteux, inefficace et antidémocratique.

Les Britanniques n'ont pas décidé de s'éloigner des Français. Ils ont décidé de garder la main sur leur destin et de rester une nation souveraine. Les Britanniques sont ouverts sur le monde. Ils aiment la France et les Français, sont envieux de notre beau territoire et aiment notre gastronomie. Au fil des siècles, Anglais et Français ont appris à se détester et à s'aimer et, surtout, à se respecter. Ils sont taquins avec nous, comme nous le sommes avec eux.

Dominique Lemoine, conseiller départemental (UDE) :

C'est incontestablement un désaveu pour l'Union Européenne, sa gouvernance, son organisation, sa structure technocratique.

Avec le départ de la Grande Bretagne, nous payons aussi des décennies d'atermoiements de l'institution et des États-membres.

L'avenir immédiat s'annonce difficile pour l'Union, mais cette première va nous obliger à repenser en profondeur le projet européen.