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Trump... l'effondrement de la ligne Maginot ?

Le sentiment d'Info-Tours.fr après l'élection de Donald Trump en tant que 45ème président des Etats-Unis d'Amérique.

Il aura démenti tout le monde, du moins tous les pronostiqueurs politico-médiatiques qui assuraient une victoire d'Hilary Clinton. Il n'aura pas fallu longtemps à Donald Trump pour apporter à toutes celles et ceux qui s'octroient le droit de penser pour les autres, une belle baffe. Rappelez-vous, il y a quelques mois, le Brexit anglais était impossible pour la cohorte d'instituts de sondage en tout genre, qui voyaient  impossible le "British Exit". Aujourd'hui, 9 novembre... c'est un "uppercut" digne de Rocky Marciano que Donald Trump vient d'infliger à l'"Establishment", toute cette population, qui croit détenir la vérité absolue, dans laquelle, se cotoient politiques, médias et autres décideurs économiques. 

Déjà, surgissent les fantômes incarnés par la menace Marine Le Pen pour les élections générales de mars prochain, avec en filigramme l'expérience Trump. Oui, les parallèles peuvent exister mais considérer que Marine Le Pen est la candidate anti-système, c'est sombrer toujours plus loin dans la bétise ambiante. Il n'y a pas plus système que Marine Le Pen au final. Issue de la bourgeoisie, n'ayant jamais connue de fin de mois difficile, ni la difficulté de savoir comment elle allait devoir payer ses soins dentaires pour ne parler que de ça, Marine Le Pen est l'incarnation même du système. 

Certains voient déjà les résurgences en France de l'élection présidentielle américaine.... Reste que c'est toute la classe politique qui vient de se prendre une claque, car à force de trop tirer sur la corde, de trop promettre en vue d'être élu puis réélu, le système meurt. Le discrédit de la classe politique n'a jamais été aussi élevé et les populistes en tout genre prolifèrent parce qu'ils disent ce que veulent entendre les gens. Jamais, le sentiment d'abandon n'aura été aussi élevé. Qui se rappelle de l'élection de Rodrigo Duterte aux Philippines à l'âge de 71 ans et son langage cru et très populiste allant jusqu'à annoncer "sa volonté de tuer des dizaines de milliers de criminels pour engraisser les poissons, de jeter les droits de l'Homme aux orties et se gracier lui-même pour meurtres de masse ? Qui se rappelle de l'élection il y a quelques mois du parti anti-migrants AfD en Allemagne ? 

Oui, un vent de contestation générale souffle partout, oui les partis traditionnels vacillent, accusés par les électeurs de ne pas apporter des solutions aux difficultés économiques, au chômage, aux questions d'immigration. Qu'ils s'appellent FPÖ en Autriche, Parti des Libertés aux Pays-Bas, Pegida en Allemagne, FN ou Parti de Gauche en France, l'UDC en Suisse... tous se réclament du peuple et annoncent parler au nom du peuple. Ils flattent, ils font appel à nos plus bas instincts, à notre émotion, à la peur... Face à eux, les partis dits traditionnels sont empêtrés dans leurs querelles intestines, dans des affaires politico-judiciaires. La tentation est donc grande de céder les rênes du pouvoir à des individus qui parlent à nos angoisses et qui ne peuvent être accusés d'avoir les mains salies par des années de pouvoir. 

La France n'est certes pas à l'abri de quelques surprises en 2017 mais c'est oublier qu'une élection présidentielle n'est rien sans les législatives qui suivent juste après. Comment imaginer Marine Le Pen élue au printemps 2017 ou Jean-Luc Mélenchon ... et une assemblée nationale bleue marine ou rouge incandescent ? La probabilité semble probable... et il n'y a pas besoin de faire de sondages pour en avoir quelques certitudes. Une telle élection ouvrirait en France une situation politique très compliquée. Reste la question de la transformation populiste des partis dits traditionnels... et là c'est une autre question ! Le vrai sujet est celui de la décence républicaine, celui de redresser la barre parce que la situation l'appelle. Aux partis dits Républicains de ne pas sombrer dans la fatalité populiste et d'apporter une autre réponse que celle donnée par l'Amérique ce mardi 9 novembre.  Le danger du naufrage est bel et bien présent... reste à chacun de se prendre en main ! 

Laurent Guillaumé