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Pourquoi toujours tant de haine ?

La France une nouvelle fois frappée par un attentat odieux.

Il fait beau ce vendredi matin. Le Soleil brille, malgré la fraîcheur encore ambiante. Sur notre fil Facebook, l’une des premières photos qui s’affiche est celle de notre amie Delphine Nivelet, avec la grande roue de Tours et ce tag sur le « mur d’expression » de la Place Anatole France : « La vie est belle ». C’est ce qu’on se dit aussi, et puis on regarde les infos. Et on perd notre sourire.

La folie a encore frappé à Nice. 84 morts et 18 blessés en état d’urgence absolue à l’heure où l’on écrit ces lignes. Un camion a foncé sur la Promenade des Anglais bondée en raison du feu d’artifice du 14 juillet. L’homme qui conduisait le véhicule a été abattu après avoir fait un carnage, François Hollande a annoncé vouloir prolonger l’état d’urgence de trois mois alors que l’on imaginait pouvoir s’en sortir huit mois après le traumatisme du 13 novembre.

Après la liberté d’expression, la culture et la fête, le terrorisme s’attaque donc une fois de plus à l’un de nos symboles : la Fête Nationale du 14 juillet. Ils ont laisser passer l’Euro pour mieux nous surprendre. Raisonnement sadique. A part la nausée, quel autre sentiment peut nous traverser l’esprit à la lecture de ces informations froides et sanglantes ?

Ainsi, ce jeudi matin, un homme s’est réveillé en sachant probablement que le soir il n’irait pas se rendormir, que sa journée s’achèverait dans l’horreur absolue. Comment peut-on en arriver là ? Comment peut-on seulement imaginer avoir ce type d’objectif dans la vie ? La vie est belle dit la photo, comment peut-on sérieusement penser que donner la mort la rendra meilleure ? Comment peut-on haïr à ce point un peuple, un mode de vie pour vouloir l’exterminer par petits morceaux ? Des philosophes trouveront-ils un jour une réponse ? Peut-on seulement envisager une solution rationnelle ?

Force est de constater que nous n’arrivons pas à trouver une issue. Que nous avons beau prendre les armes en retour, se faire plus vigilants, on ne pourra jamais être totalement à l’abri. Et la pire des questions : finira-t-on par « s’habituer » ? Est-ce que dans quelques mois ou années, lors de tels événements, l’élan de sympathie mondial envers la France ne va pas s’atténuer, comme aujourd’hui où un attentat en Irak ou en Afghanistan nous indiffère presque ? Oui, nous devons continuer à vivre, à rire, à faire la fête. Mais nous devons surtout continuer à nous indigner, le plus fort possible. Même si après tout c’est ce qu’ils cherchent : nous pousser à réagir. Mais comme ce sont des moments d’union, il faut que l’on s’en saisisse pour rester forts et marcher ensemble. La France chavire mais ne sombrera pas. Chacun d’entre nous doit être un capitaine visant un cap clair, où l'horizon est dégagé. Voilà pourquoi c'est cette photo que nous publions pour illustrer l'article.

Olivier COLLET